Des transports en commun gratuits pour les jeunes et les seniors en Wallonie

Les transports en commun gratuits pour les moins de 25 ans et les seniors, c’est la promesse du nouveau gouvernement wallon dans sa déclaration de politique régionale. La majorité PS-MR-Ecolo veut augmenter de 13 à 25% l’utilisation des bus, des trams et des trains en Wallonie d’ici la fin de la législature.

Biper à l’entrée d’un bus, un geste bientôt gratuit pour les moins de 25 ans et les plus de 65 ans. A la gare de Namur ce matin, la nouvelle fait plaisir aux jeunes qui attendent leur correspondance. "Je paye 210 euros par an depuis 10 ans, explique cette navetteuse de 24 ans. Mais là, je suis en train de faire les démarches pour passer mon permis de conduire. Je vais bientôt faire mes trajets en voiture pour aller au travail car il n’y a pas de correspondance de bus pour y aller."

C’est exactement ce cas de figure que la nouvelle majorité veut éviter. Elle souhaite même plutôt l’inverse : "aller chercher les automobilistes au volant de sa voiture et de l’amener dans un transport en commun fiable, ponctuel, concurrentiel à la voiture", explique Stéphane Thierry, directeur marketing des TEC.

Un service à améliorer

Le service : voilà le gros point noir souligné par les navetteurs jeunes comme seniors rencontrés ce matin à Namur. "Il faudrait qu’ils préviennent les gens quand ils changent les horaires et essayer de faire mieux correspondre les bus entre eux", réagit cette navetteuse de 24 ans. "J’ai attendu une heure dans le froid l’autre jour, je suis rentrée, j’avais 19 de tensions ! Vous trouvez ça normal ?", se plaint cette senior.

D’autres personnes âgées sont sceptiques sur la mesure : "Aujourd’hui, je ne paye que 38 euros par an, ça fait 3 euros par mois, c’est symbolique !, explique cette navetteuse senior. N’est-ce pas un peu irraisonnable comme mesure ? Je ne vois pas très bien comment ils vont améliorer les rendements, les parcours, le confort de trajet sans avoir de rentrées financières. "

Le gouvernement wallon compte dédier 29 millions d’euros à cette mesure qui a pour but d’amener de nouveaux utilisateurs sur les lignes des trams et bus wallons. Mais le TEC restera-t-il à l’équilibre ? Il le doit, répond Stéphane Thierry. "L’équilibre financier est atteint grâce à la dotation et grâce aux recettes des paiements des voyageurs. Si l’on touche à l’une de ces variables, nous allons donc devoir trouver le bon placement de curseurs avec le ministre de la mobilité."

Gratuit ne veut pas dire plus de voyageurs garantis

La mesure va-t-elle attirer de nouveaux navetteurs ? A Hasselt par exemple, la gratuité des transports n’a pas vraiment décongestionné la ville de ses voitures. " Il ne faut pas transposer des expériences qui se sont faites ailleurs en Wallonie, réagit Stéphane Thierry. La configuration est différente en Wallonie. De plus, ce n’est pas la seule mesure. Celle-ci va avoir un impact sur le pouvoir d’achat. D’autres ont pour but de l’amener dans les bus."

Le nouveau gouvernement wallon promet d’augmenter l’offre à la ville comme à la campagne. " Il s’engage, en priorité, à augmenter l’offre, tant en zone urbaine que rurale, peut-on lire dans la déclaration de politique régionale, et l’améliorer en termes de qualité (en particulier à travers la diminution et la fiabilisation des temps de parcours par le biais d’infrastructures dédicacées) et de capacité." Le gouvernement doit également établir une liste des axes prioritaires pour aménager des voiries prioritaires au bus. Le but : des trajets raccourcis et réguliers.
 

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