Des "taxis hydrogène" contre la pollution de l'air : bientôt à Bruxelles ?

Un taxi parisien à Bruxelles... mais pas n'importe lequel ! Il roule à l'hydrogène.
Un taxi parisien à Bruxelles... mais pas n'importe lequel ! Il roule à l'hydrogène. - © rtbf

Pour diminuer la pollution de l’air dans la capitale, les taxis pourraient s’équiper de véhicules à l’hydrogène qui ne rejettent que de l’eau. Paris montre l’exemple depuis la COP 21 en 2015, et Bruxelles pourrait rapidement emboîter le pas. C’est en tout cas le souhait du gestionnaire parisien Hype, qui n’attend que le feu vert des autorités régionales pour lancer les 60 premiers "taxis hydrogène" chez nous.

"La seule chose que vous allez entendre c’est le frottement des roues sur les chaussées", prévient Abdou, chauffeur de taxi parisien. Jeudi, il a fait le déplacement jusqu’à la place du Luxembourg à Bruxelles avec l’objectif de convaincre ses homologues bruxellois de passer à l’hydrogène. "Ce sont nos clients qui en profitent le plus ! Pas de bruit, pas de vibration, pas d’à-coup du changement de vitesse et surtout, ils sont transportés la conscience tranquille car ils ne polluent pas. Mais on en profite aussi, car après dix heures derrière le volant, on sent la différence au niveau du confort."

Dans la capitale française, ils sont déjà 140 à rouler sous la bannière Hype. Un chiffre qui devrait grimper à 600 en 2020. Pour Mathieu Gardies, le fondateur, faire rouler des taxis zéro émissions, c’est avant tout une question de santé publique : "On a, à Paris comme à Bruxelles, des dizaines de milliers de morts à cause de la pollution de l’air. Il faut vraiment trouver des solutions. Ce que permet l’hydrogène, c’est d’avoir tous les avantages du moteur électrique mais sans être confronté aux soucis d’autonomie et de temps de recharge."

Outre le prix d’achat des véhicules (le prix affiché du modèle utilisé par Hype est de 79.000€ en Belgique), l’obstacle majeur pour les moteurs à hydrogène est la nécessité d’avoir une pompe spécialement adaptée pour faire le plein de gaz comprimé. Mais ça tombe bien, "Il y en a déjà une près de Bruxelles, à Zaventem en l’occurrence. A partir de là, on peut déjà déployer plusieurs dizaines de véhicules", précise Mathieu Gardies.

Au niveau de la fédération de taxis, on est enthousiaste à l’idée de voir un nouvel acteur du transport de personne en région bruxelloise. Elle était même co-organistrice de la rencontre avec Hype. Selon Sam Bouchal, le secrétaire de la fédération, l’objectif était double : "Premièrement, on voulait présenter à nos collègues des solutions pour décarboner notre secteur. Ensuite, on veut envoyer un message aux dirigeants politiques ; aidez-nous à faire cette transition ! Il en va de la qualité de l’air, de la santé des Bruxellois. Ensemble, on peut y arriver !".

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