Des squelettes et des vestiges d'un ancien couvent du 15ème siècle découverts derrière la Monnaie

Le chantier du tunnel entre le théâtre de la Monnaie et son atelier situé juste derrière est interrompu. Des fouilles archéologiques sont en cours, précisément dans la rue Léopold.

Les archéologues s’attendaient à faire des trouvailles à cet endroit. Il faut dire que la Monnaie a été construite sur les vestiges d'un ancien couvent dominicain qui date du 15ème siècle.

C’est en tombant sur un crâne que le grutier a interrompu son travail. Les services archéologiques de la Direction des Monuments et Site de la Région bruxelloise ont alors été prévenus. Depuis mardi, Sylvianne Modrie et son équipe fouillent cette zone d’environ 10 mètres sur 10.  " On savait qu’on était dans l’emprise du couvent des dominicains. Et là, très belle surprise, on a retrouvé le mur du cœur de l’Eglise du 15ème siècle. Mais aussi les murs de façade de l’aile orientale du cloître. C’est là, dans ce déambulatoire, qu’ont été inhumées un certain nombre de personnes dont on a retrouvé les squelettes ".

En tout six sépultures ont été mises à jour. Certains cercueils en bois sont très bien conservés, de même que deux squelettes entiers. " Les personnes inhumées dans le cloître n’appartiennent pas forcément à la communauté religieuse. Ça peut être également de la famille. On est ici en présence d’une population un peu aisée. Donc, cela ne va nous donner qu’une seule image de l’occupation de Bruxelles ou des lieux à cette époque ". Il s’agit sans doute de femmes, âgées d’une vingtaine d’années. Ces restes humains ont été prélevés et vont maintenant être analysés par un anthropologue. On pourra alors peut-être connaître les causes du décès.

Concernant les vestiges des bâtiments, tout va être enregistré, représenté en 3 dimensions. Ce qui va permettre aux archéologues de recaler les plans de cet ancien couvent et d’être plus précis pour les prochaines interventions dans le quartier.

Il s’agit ici de ce qu’on appelle de l’archéologie préventive. Autrement dit, on ne fouille que ce qui est détruit ou perturbé, dans l’emprise exacte du projet, sans aller plus loin. Les fouilles se poursuivront jusqu’à lundi. Après le chantier reprendra ses droits. Et tout sera définitivement détruit.

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