Des soins de santé accessibles à tous, la fédération des maisons médicales fête ses 40 ans

Quatre décennies écoulées et toujours la même mission, " la mission initiale n’a jamais changé, ça a toujours été de rester proche du patient, d’offrir une offre de soins la plus large possible, pluridisciplinaire et de s’installer dans des quartiers où la demande en soins était nécessaire et utile", résume Patrick Perger, infirmier et membre du conseil d’administration de la fédération des maisons médicales.

Et c’est à l’image de cette proximité avec le citoyen que la fédération a voulu marquer le coup pour son anniversaire, en entamant une tournée d’actions locales à Gilly, dans l’entité de Charleroi. Une rencontre entre soignants, membres de la fédération, patients et passants qui se reproduira dans les prochains jours à Namur, Liège et Bruxelles avant de culminer en un grand congrès à la mi-décembre.

Une nécessité pour beaucoup

Les soins sont entièrement gratuits dans la plupart des maisons médicales du pays, grâce au paiement forfaitaire, payé par les organismes assureurs aux maisons médicales pour chaque patient inscrit. Une manière d’assurer un suivi plus complet mais surtout de supprimer la barrière financière qui fait souvent passer les soins de santé au second plan pour les personnes précarisées. "Avant d’entrer à la maison médicale, j’allais très rarement chez le médecin généraliste. La consultation et les médicaments, on arrive vite à 100 euros, ce n’était pas possible", confie Marie-Rose Dantinne, patiente depuis plusieurs années.

Pour l’heure, seuls les soins infirmiers, de médecine générale et de kinésithérapie sont entièrement gratuits, même si beaucoup d’établissements élargissent leur action, notamment avec des psychologues, moyennant une intervention de l’affilié.

Un vecteur de lien

Si l’offre pluridisciplinaire s’étoffe un peu partout, l’évolution ne se limite pas aux soins de santé à proprement parler. Les maisons de santé "ont une philosophie, celle du patient partenaire, qui consiste à impliquer le patient dans ses soins de santé, on ne considère pas la relation médecin patient comme descendante mais plutôt autour du patient", détaille Marie Delval, coordinatrice des maisons médicales de Charleroi.

Une implication du patient qui se traduit concrètement de différentes manières. Certains patients s’organisent en comité, d’autres font même partie du conseil d’administration de l’établissement où ils sont pris en charge et puis, il y a des projets de quartier. A Gilly, dans la rue de la maison médicale, les patients ont créé de toutes pièces un jardin partagé. On y cultive évidemment des légumes mais ce n’est, au fond, pas l’objet principal du lieu. C’est surtout un endroit où l’on se rencontre, "c’est une oasis pour certains ici, ils viennent prendre un café, discuter", raconte John Carlier, un patient qui se présente – non sans humour - comme le "manager" du jardin.

Ce type de projet favorise l’échange et stimule l’entraide directement entre patient, "on remplit parfois des papiers pour ceux qui n’y arrivent pas, on fait des activités pour les enfants, c’est formidable", explique fièrement John. Et si le lien entre soins médicaux et jardin partagé ne vous saute pas aux yeux, c’est probablement Marie-Rose, la patiente, qui en parle le mieux : "on sort de chez soi, ici, on n’a pas besoin d’antidépresseurs".

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