Des singes séchés vendus à Matongé

Les épiceries africaines situées au cur de Matongé, chaussée de Wavre, vendent bien des curiosités dans leurs odorants rayons. Ces magasins, véritables cavernes d'Ali baba proposant épices et légumes importés d'Afrique, vendent aussi de véritables singes séchés, entiers, recroquevillés sur eux-mêmes, grands d'une vingtaine de centimètres à peine. Leur viande est, semble-t-il, fort appréciée par certains qui ont donc l'occasion de s'en procurer à Bruxelles. En toute illégalité. "Certains Africains d'Europe et d'ailleurs sont demandeurs de ce type de marchandise qu'ils voient comme une délicatesse , déclare le président de l'association de protection animale Gaia, Michel Vandenbossche. Ce type de pratique, cruelle et scandaleuse, est totalement interdite", affirme-t-il. "Non seulement pour une question d'hygiène mais aussi parce qu'elle met en péril la survie de plusieurs espèces de singes qui sont déjà vulnérables."

On est dès lors en droit de se poser la question : comment ce genre de marchandises peut être ainsi ouvertement vendue au public ? S'ils ne sont pas vendus dans leur entièreté, ces singes sont disponibles en partie : la tête, les bras ou encore les jambes, vendus séparément. "Il s'agit de marchandises illégales, entrées de manière illicite dans le pays. Les douaniers les saisissent en cas d'importation aérienne mais il est fort probable que ces animaux morts entrent dans le pays par bateau, ce qui est plus facile que par avion", indique Michel Vandenbossche, qui fait par ailleurs partie du comité consultatif de l'Afsca, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. "Nous avions perdu de vue cette situation, mais nous demanderons des explications à notre prochaine réunion. Les critères de l'Afsca sont sévères, comme la réputation de ses inspecteurs ! Comment ces singes peuvent-ils être ainsi vendus librement ? D'où de sérieux questionnements quant aux conditions d'hygiène pratiquées."

Les autorités communales d'Ixelles, quant à elles, prévoient une surveillance accrue du quartier Matongé. "Nous prendrons les mesures nécessaires et renforcerons notre collaboration avec la Région par rapport au dispositif à Matongé" assure l'échevine du Bien-être animal et de la Propreté, Delphine Bourgeois (MR). "Il s'agit d'une pratique scandaleuse contraire aux règles d'hygiène telles que prévues par l'Afsca."


Marina Carré

 

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