Des simulateurs de train développés à Namur et exportés à travers le monde

Maîtriser sa vitesse, éviter les accidents et réagir face aux dangers sur la voie ferrée : c’est ce que tout nouveau conducteur de train est amené à apprendre lors de sa formation. Au lieu de le faire en conditions réelles, il ou elle peut s’exercer en toute sécurité sur des simulateurs de conduite ultraréalistes.
 
Ces simulateurs à la pointe de la technologie, c’est ce que développe depuis 2002 la société belge Transurb, basée à Namur pour sa partie simulation. Située à Salzinnes, sur le site de maintenance et de formation de la SNCB, elle n’est autre qu’un des leaders mondiaux dans la création d’outils de formation pour la conduite de transports ferroviaires. Une soixantaine d’employés y travaillent, dont, notamment, des développeurs informatiques et des infographistes 3D.

Un outil d’apprentissage immersif à la pointe de la technologie

L’objectif de ces simulateurs est de fournir à l’apprenant un outil qui se veut aussi proche que possible de la réalité d’un conducteur, que celui-ci conduise un train, un tram ou encore un métro. Chaque machine est dotée d’un écran qui reproduit le tracé d’une voie. "Le software est le même sur tous les types de simulateur, mais à la demande du client, celui-ci peut être personnalisé pour se rapprocher davantage de l’environnement réel de conduite de l’apprenant", explique Zoé Denis, responsable ventes et marketing.
Au fil des années, Transurb Simulation a développé une série de simulateurs au degré variable de portabilité et d’immersion. Une gamme étendue qui se déploie du "nano", transportable dans une valise, jusqu’au "full cab", reproduisant à l’identique une cabine de conduite. Pour un simulateur, il faut compter entre cinquante mille et plusieurs millions d’euros, en fonction du modèle et du degré de personnalisation. Des modèles vendus aux quatre coins de la planète : Australie, Colombie, Norvège ou encore Gabon.
 
On cherche constamment à se démarquer avec l’innovation
 
Transurb Simulation évolue sur un marché de niche très compétitif : "On fait partie des quatre leaders mondiaux. Nos trois concurrents sont européens : deux français et un espagnol." L’entreprise cherche donc à se démarquer grâce à son équipe de recherche et de développement, constamment en train d’innover et de proposer de nouvelles gammes de produit.
 
Zoé Denis présente le dernier développement en date : un simulateur doté d’un casque de réalité virtuelle. "Ce qu’on fait, c’est de la réalité augmentée. Cela veut dire qu’on va mélanger des éléments réels avec des éléments virtuels. L’apprenant va pouvoir voir l’environnement autour de lui et utiliser l’instrumentation réelle du simulateur, et, en même temps, être totalement immergé dans la simulation 3D". L’avantage de cette innovation, c’est que le simulateur est "à la fois particulièrement transportable et particulièrement immersif".
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Le "nano" est le simulateur le plus petit et le plus transportable de la gamme. © Pauline Denys

L’histoire commence et se poursuit à Salzinnes

A l’origine, la société Transurb a été créée par la STIB et la SNCB en 1979 pour exporter le savoir-faire ferroviaire belge à l’international. L’objectif était d’accompagner divers pays à développer leur réseau et leurs infrastructures ferroviaires.
 
En 2002, un premier simulateur est développé sur le site de Salzinnes de la SNCB pour les besoins de formation des conducteurs. "Ce simulateur a complètement dépassé les attentes de la SNCB", raconte Zoé Denis. "Petit à petit, elle a reçu des commandes de l’international et c’est ainsi que Transurb Simulation a été créée." Aujourd’hui, l’entreprise n’est plus détenue par la SNCB. Elle l’est encore en partie par la STIB mais c’est l’industriel John Cockerill qui est devenu actionnaire à 92%.
 
Toujours basée à Salzinnes aujourd’hui, à proximité du centre de formation de la SNCB, Transburb Simulation se concentre majoritairement sur la formation de conducteurs. Elle développe également des simulations pour tout type de métiers liés au ferroviaire, comme les agents de voie. A l’avenir, elle souhaite développer de nouveaux outils de formation innovants pour toucher d’autres modes de transport, mais également s’adresser au secteur de la maintenance industrielle ou encore au secteur médical.
 
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