Des propriétaires de logements vides veulent accueillir des réfugiés

"Les enfants sont partis, donc on a de la place pour loger deux personnes". Jean-Marie habite dans le Brabant wallon. Depuis quelques années, il a aménagé un petit studio dans son habitation. Habituellement, il le loue à des étudiants, mais, vu la situation d'urgence que vivent les réfugiés et demandeurs d'asile, il est prêt à le mettre à disposition.

"Avec ma femme, on s'est dit que ceux qui ont de la place pourraient héberger des réfugiés. On se demandait si c'était possible et si on pouvait être aidés pour les frais. On est prêts à ne pas avoir de rentrées d'un petit loyer. C'est un acte citoyen."

Possible, mais...

Plusieurs ONG ont conclu une convention avec Fedasil et gèrent les logements de propriétaires solidaires. "Ce doit être des logements disponibles pour au moins six mois et directement habitables disposant d'un coin cuisine et de sanitaires", explique Gilles Cnockaert, porte parole de Caritas International. "Le point important, c'est que les logements doivent disposer d'une adresse propre. Ce ne peut pas être un accueil chez l'habitant."

Pas question donc de proposer une chambre libre dans une maison. "On déconseille ce cas de figure, car cela risque d'exclure les réfugiés de leurs droits aux aides d'accueil, et le propriétaire s'expose à un engagement financier important sur une longue durée."

Des garanties pour les propriétaires

Les propriétaires qui confient des logements aux ONG reçoivent des garanties sur le payement des loyers et sur les frais de remise en état. Pour les personnes qui sont en attente d'un statut de réfugiés, ce qu'on appelle les "demandeurs d'asile", ce sont les ONG qui se chargent de cela.

"A partir du moment où une personnes obtient un statut de réfugié, soit elle a les moyens de payer un loyer, soit elle doit faire appel à l'aide d'un CPAS. Dans ce cas le propriétaire se trouve face à un contrat de bail traditionnel. C'est aussi utile dans la mesure ou cela permet de libérer de la place dans les centres d'accueil."

Plus de 880 logements proposés

Ces derniers jours de nombreux propriétaires se sont fait connaître auprès des différentes ONG actives aux côté des demandeurs d'asile (Caritas, Convivial, Solidarité Socialiste...).

"Chez Caritas International, on a reçu 200 proposition ces derniers 10 jours, explique Gilles Cnockaert. Au total, il y a 880 logements qui sont opérés par les ONG. Nous restons demandeurs de propositions de propriétaires solidaires, principalement dans les régions de Bruxelles, Liège ou Charleroi."

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