Des projets pilotes pour lutter contre le chômage de longue durée à Bruxelles et en Wallonie

A l’instar de ce qu’il se fait en France, des expériences pilotes vont être menées à Bruxelles et en Wallonie, avec pour objectif de remettre sur le marché de l’emploi des chômeurs de longue date.

L’expérience des territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) prend ses origines en France en 2016. L’idée est d’identifier les besoins locaux non satisfaits et ce, par les acteurs locaux. Ceux-ci doivent prendre contact avec les chômeurs de longue durée résidant dans le périmètre de la zone expérimentale. La participation se fait sur base volontaire et les candidats sont engagés sur base de leur expérience, leur parcours et leur motivation sur des formations futures.

Ces demandeurs d’emploi sont engagés au sein d’une structure appelée "Entreprise à but d’emploi" (EBE). Ces EBE organisent le recrutement des employés et la structuration du travail. Toutefois, les activités ont pour contrainte de ne pas concurrencer le secteur privé et des offres existantes des services publics.

Pour financer ces EBE, la France passe par l’activation de l’allocation de chômage et d’un droit de tirage. Ce droit de tirage représente des crédits potentiels dont chaque pays peut disposer auprès du Fonds Monétaire International (FMI). Ces aides publiques constituent 70% du coût de l’EBE. Les 30% restants sont issus des recettes liées à l’activité.

Par ces projets pilotes, la France a déjà créé 800 emplois via une dizaine de territoires pilotes.

Trois projets à Bruxelles

Des représentants politiques issus des groupes PS et Ecolo ont pu découvrir ce projet ces dernières années. Ce qui a amené le gouvernement bruxellois à retenir trois zones pilotes pour un appel à intérêt. Pour le moment, les communes de Schaerbeek et Forest se sont montrées intéressées.

Dans un premier temps, Bruxelles va tenter l’expérience avec 60 chômeurs par territoire. Avec une subvention publique de 25.000 euros par candidat et par an, c’est presque cinq millions d’euros qui doivent être trouvés si l’on inclut les frais d’amorçage du projet. Avec une différence notable à la France puisque le budget pourrait ne pas dépendre de l’activation des allocations de chômage. Les activités devraient s’orienter autour de l’économie sociale et de l’économie circulaire.

La concrétisation de ces projets est attendue en Région bruxelloise fin 2020, début de l’année 2021.

La Wallonie sur la même voie

La Wallonie devrait suivre le modèle français, à l’image de Bruxelles. Trois zones ont été retenues : deux dans le sud du Hainaut (avec une zone urbaine et une zone rurale). Quant au troisième territoire, il se situe en province du Luxembourg.

En Wallonie, le projet n’émane pas du gouvernement directement mais de sous-entités. Le budget pour ces trois projets s’élève à 11,7 millions d’euros, dont 9,6 de subventions publiques. Il s’étendra sur cinq ans, entre 2020 et 2024. Chaque site devrait occuper 40 travailleurs, ce qui est bien moindre qu’à Bruxelles. Cette somme de 11,7 millions d’euros devrait être soustraite au paiement des chômeurs et des aides à l’emploi.

Un budget sous réserve d’approbation

Pour passer, ce budget devra être avalisé par des décrets des pouvoirs régionaux sous peine d’attendre un accord avec le pouvoir fédéral.

Une étude menée par l’ULB recommande d’associer le Forem via un protocole d’accord pour faciliter les échanges d’informations sur le demandeur d’emploi mais aussi pour ne pas sanctionner un participant volontaire en cas d’arrêt ou de licenciement.

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