Des prisonniers transférés à pied au Parquet de Bruxelles

Des prisonniers transférés à pied au Parquet de Bruxelles
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Des prisonniers transférés à pied au Parquet de Bruxelles - © VRT

Des transferts de détenus vers le Parquet à pied: c'est ce qui arrive régulièrement à Bruxelles. En cause: le manque de place pour les fourgons cellulaires à l'intérieur du bâtiment. Les règles de sécurité ne seraient dès lors pas respectées, le droit des suspects non plus, dit un avocat.

La VRT diffusait mardi soir un reportage dénonçant le non respect des règles de transfèrement des détenus vers le bâtiment occupé par le Parquet à Bruxelles.

Il arrive souvent que les derniers mètres soient parcourus à pied, le suspect menotté et encadré de policiers. Pourquoi? Une porte spéciale permet pourtant aux véhicules utilisés pour cela de pénétrer à l'intérieur du bâtiment, gage de sécurité et de respect à la vie privée.

Mais souvent le matin, il n'y a plus de place à l'intérieur, le véhicule est alors garé à l'angle de la rue, et il faut marcher jusqu'à l'entrée. Cet été, il fallait même passer devant la terrasse bondée d'un café.

Une pratique interdite, selon l'avocat Zouhaier Chihaoui, spécialisé dans les droits de l'homme: "On ne peut soumettre les détenus à la curiosité publique". C'est aussi en contradiction avec le traité européen des droits de l'homme, dit l'avocat.

Les zones de police contactées par la VRT disent que les agents ont pour mission de transporter à bord d'un véhicule les suspects à l'intérieur du bâtiment.

Par ailleurs, l'exposition de ces détenus menottés en rue est contraire à la jurisprudence de la cour européenne. Pour Vanessa de Greef, vice-présidente de la ligue des droits de l'homme, cette situation doit cesser. "Les autorités publiques, en tout cas, doivent y remédier urgemment. Parce qu’il s’agit de droits fondamentaux qui sont en cause. La cour des droits de l’homme a reconnu que le fait de se balader en menottes en public pouvait constituer un traitement inhumain et dégradant."

RTBF

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