Des panneaux pour prévenir la maladie de Lyme à Marche-en-Famenne et Bastogne

50 panneaux sont répartis entre les communes de Marche-en-Famenne et Bastogne afin de sensibiliser les promeneurs aux morsures de tiques.
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50 panneaux sont répartis entre les communes de Marche-en-Famenne et Bastogne afin de sensibiliser les promeneurs aux morsures de tiques. - © Tous droits réservés

"La tique peut se fixer n’importe où. Inspectez-vous minutieusement", voilà le message que pourront désormais lire les promeneurs aux abords des sentiers de promenade de Marche-en-Famenne et Bastogne. Vingt-cinq panneaux de prévention contre les morsures de tiques ont été installés ce dimanche dans les deux communes de la province de Luxembourg. À l’initiative, l’association Time for Lyme qui s’adresse aux personnes atteintes par la maladie de Lyme. Pour rappel, cette maladie bactérienne est transmise à l’homme par morsure d’une tique lorsque celle-ci est infectée.

Il aura fallu deux ans pour voir ce projet se concrétiser, avec le soutien in fine de la Région Wallonne. Lors de la conférence de presse en présence du ministre-président Willy Borsus et de René Collin, ministre de la forêt, de la nature et du tourisme, il a été rappelé le rôle essentiel que jouent les associations et en particulier Time for Lyme dans la prévention de cette maladie.

Une maladie passée sous silence

Il est difficile de connaître précisément le nombre de nouveaux cas par an en Belgique. Sciensano, l’ex-Institut de santé publique, parle de 8.500 morsures de tiques rapportées sur l'ensemble du territoire belge en 2017, soit une baisse de 17% comparé à 2016. Des chiffres contestés par certains chercheurs spécialisés dans la maladie, comme Christian Perronne, chef de service en infectiologie de l’hôpital universitaire Raymond Poincaré de Garches en France. "Il m’est difficile de commenter ces chiffres sans connaître la méthodologie du recensement, mais ce qui est certain, c’est qu’il y a une explosion du nombre de maladies de Lyme dans toute l’Europe. En France, ça a été multiplié par 10 en 10 ans. Le sud de la Pologne détient le record où là, ça a été multiplié par 35", aucune raison donc pour que la Belgique ne soit pas, elle aussi, touchée.

Un diagnostic souvent difficile à établir

Pour diagnostiquer la maladie de Lyme, les médecins réalisent le test ELISA qui recherche les anticorps dirigés contre les bactéries dans le sang. De nombreuses voix s’élèvent contre cette méthode dont le taux de détection ne dépasse pas 60% des malades d’une population donnée. Pourtant, c’est aujourd’hui le seul examen autorisé pour diagnostiquer la maladie. Un second examen plus poussé, appelé le Western blot, permet une recherche par immuno-empreinte, mais il faut avoir été testé positif à ELISA avant d’avoir droit au Western blot. Résultat, de nombreuses personnes atteintes passent au travers des mailles du filet et vont développer une maladie chronique, un non-sens pour le Professeur Perronne. "Ce qui est terrible pour les malades de Lyme dans la forme chronique c’est qu’ils sont en grande souffrance et en errance pendant parfois 10, 15 ou 20 ans. Certains ont vu des centaines de médecins et la plupart du temps ils se retrouvent en psychiatrie, ils sont rejetés, totalement désociabilisés". La maladie de Lyme est dite systémique et peut donc toucher plusieurs systèmes du corps à la fois (nerveux, musculaire, respiratoire, reproducteur…). Les symptômes sont si variés et peuvent correspondre à tant de maladies qu’un bon diagnostic est rendu compliqué après un certain temps.

"Parfois, on en vient à se demander si on n’est pas en train de devenir fou"

Depuis 10 ans, Christian Verschelden se bat contre la maladie. Mordu par une tique lors d’un voyage en Italie, il n’a pas tout de suite fait le lien entre ses douleurs musculaires, sa fatigue extrême et la maladie de Lyme. Par chance dit-il, le test ELISA était positif, puis le Western blot. Il a pu mettre un nom sur ses maux, mais reste la solitude face à des douleurs chroniques parfois invalidantes. "Vous ne vous imaginez pas à quel point on peut se sentir seul avec cette maladie. On a mal un peu partout, on a tendance à en parler à son entourage qui reste bienveillant, mais à force de répéter tous les jours "j’ai mal ici ou là", ça peut vite fatiguer les gens". Les associations comme Time for Lyme offrent une oreille attentive aux malades qui y trouvent un espace de parole bien nécessaire.

C’est donc pour prévenir, plutôt que guérir, que ces panneaux de sensibilisation sont mis en place. Ils rappellent les bons gestes à adopter en cas de morsure d’une tique. Les communes désireuses de se procurer ces panneaux peuvent contacter la Région Wallonne.

 

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