Le rassemblement au Bois de la Cambre à Bruxelles dégénère en émeute : 22 arrestations et plusieurs dizaines de blessés (vidéos)

La police a investi les lieux pour disperser les fêtards réunis au bois de la Cambre.
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La police a investi les lieux pour disperser les fêtards réunis au bois de la Cambre. - © Belga

Ce jeudi premier avril, avec le soleil qui a plané au-dessus de la Belgique depuis plusieurs jours, de nombreux Bruxellois ont décidé d’envahir une fois de plus le Bois de la Cambre. En connaissance de l’événement né sur Facebook et intitulé "LA BOUM" auquel 18.000 personnes avaient répondu présent et 51.000 s’étaient dits intéressés, des unités de police ont été déployées sur les lieux dès le début de l’après-midi. Cette mesure de précaution n’a pas suffi vu l’ampleur de l’événement et des rassemblements occasionnés sur place. Une vaste opération de dispersion de la foule qui aura duré plus de cinq heures s’est tenue et a donné lieu à des scènes de violence entre les forces de l’ordre et les fêtards.

C’était pourtant une ambiance bon enfant qui a été observée durant le début de l’après-midi dans ce lieu bien connu des habitants de la capitale. Ils s’y réunissent lorsque le temps est au beau fixe. Plusieurs groupes sont arrivés sur les lieux et la police a rapidement constaté que l’affluence était trop importante en vertu des règles sanitaires en vigueur dans notre pays. La blague de la "BOUM", un poisson d’avril, est donc finalement devenue réalité et ce sont au total plusieurs milliers de personnes qui ont répondu présent à l’événement.


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"Attention, la police va procéder à la dispersion des lieux, toutes les personnes seront susceptibles de recevoir une contravention", a-t-on pu entendre résonner dans le parc peu après 17h alors que la foule se faisait de plus en plus compacte, au mépris des mesures sanitaires de distanciation physique et du port du masque.

Après les avertissements qui ont été entendus par certaines personnes venues profiter du grand air, l'affluence est restée importante. C'est pourquoi les policiers ont formé une chaîne afin de disperser la foule et d’évacuer les lieux. En vain puisque des centaines de récalcitrants se sont levés face aux forces de l'ordre. Du côté des policiers, on a rapidement évoqué une "action importante", malgré la vigilance qui était de mise sur les lieux tout l’après-midi.

La présence, à l’origine plutôt discrète, des forces de l’ordre a été renforcée alors que l’opération de police était déjà en cours. La police à cheval a renforcé les rangs des forces de l'ordre. Les à appels continuer à se déplacer se sont poursuivis mais de nombreuses personnes sont restées sur place dans une clameur toujours perceptible.

"Liberté, liberté, liberté", a-t-on pu entendre parmi les fêtards, plutôt jeunes qui n'ont pas voulu déloger et se sont rassemblés dans la parti du parc situé dans les sous-bois.

Petit à petit la foule s'est déplacée, mais la police a tout de même déployé une pompe à eau vers 18h30 pour vider le bois de la Cambre.

La police a alors fait face à des fêtards devenus manifestants et reprochant aux forces de l'ordre leurs méthodes alors que plusieurs arrestations administratives avaient déjà eu lieu. Certains ont lancé canettes et projectiles sur les agents.

Sur cette photo, un homme est interpellé. D’après les témoins, il aurait couru vers les policiers qui l’auraient plaqué sur la pelouse pour stopper sa course. Une fois l’homme à terre, d’autres protestataires ont encerclé les policiers, projetant des bouteilles dans leur direction.


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Si certains témoins n'hésitent à dénoncer des arrestations musclées, la police a elle aussi été prise à parti et a dû faire face à de nombreuses attaques de la part de certains fêtards mécontents d'être délogés. 

Vers 19h30, de nombreux individus étaient encore présents sur les lieux, aux alentours des issues du pars. Des scènes d'affrontement ont alors éclaté avec d'un côté la police faisant pression, toujours sous forme de cordon et à l'aide de pompes à eaux - au total, ce sont au moins trois de ces engins de dispersion des foules qui ont été déployé -, avec pour objectif de faire partir les personnes rassemblées qui ne respectent par les mesures destinées à endiguer la propagation du Covid-19.

De l'autre, des centaines de fêtards qui dansaient, chantaient et s'affichaient proches les uns des autres et sans masque. Parmi eux, certains ont continué à se munir de projectile à envoyer sur les forces de l'ordre.

À 20h55 et alors que le couvre-feu débute à 22h à Bruxelles, des renforts policiers sont arrivés sur les lieux, plongés dans la pénombre. À 21h15, deux groupes de jeunes étaient encore présents alors que la pression avait nettement descendu. La police a finalement quitté les lieux un peu plus tard dans la soirée.

Le face-à-face entre police et fêtards aura finalement duré près de cinq heures.

22 arrestations et de nombreux blessés

Policiers à pied, à cheval, avec des chiens, drone, hélicoptère et pompes à eau ont été déployés pour cette intervention. S’il est, pour l’heure, difficile d’estimer le nombre de personnes qui étaient rassemblées sur l’étendue verte, Ilse Van de Keere, porte-parole de la police de la zone Bruxelles-Capitale Ixelles a évoqué "plusieurs milliers" d’individus.


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18 personnes ont été arrêtées administrativement et quatre autres judiciairement, selon un bilan communiqué par la police. De plus, des dizaines de personnes ont été blessées. Parmi elles, figurent 8 manifestants et 26 policiers, dont un à la tête, qui a dû être emmené à l’hôpital. Sept chevaux ont aussi été blessés.

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