Des formations et un nouveau permis pour réduire le nombre d'accidents de tronçonneuses

Des formations et un nouveau permis pour réduire le nombre d'accidents de tronçonneuses
Des formations et un nouveau permis pour réduire le nombre d'accidents de tronçonneuses - © Tous droits réservés

Chaque année, entre quarante et cinquante accidents de tronçonneuses se produisent chez nous, c'est pourquoi le Forem a mis au point une nouvelle formation unique en Wallonie, une formation à l'issue de laquelle est délivré un "permis tronçonneuse européen". Ce permis sera obligatoire pour certains métiers en Flandre dès le mois de septembre et côté wallon des employeurs l'exigent déjà comme une garantie de compétence dans l'art compliqué de tronçonner en toute sécurité.

Des formations certifiantes courtes ont donc été conçues pour les professionnels du secteur (bûcherons, arboristes, jardiniers spécialisés en sylviculture, etc.) qui peuvent obtenir ce nouveau diplôme en un jour et demi (un jour de préparation et une épreuve individuelle le second) mais il existe également des formations de quelques jours pour les demandeurs d’emploi inscrits au Forem.  Ce mardi, l’une de ces formations rassemblait justement quatre demandeurs d’emploi désireux d’apprendre les métiers de la sylviculture dans les bois de Mainvault, près d’Ath dans le Hainaut. Après un cours en classe, tout le monde s’harnache comme de véritables travailleurs du bois : avec les gants, vêtements, casque et visière de sécurité. Après quelques minutes de marche dans les bois, leur formateur, José Larcy, désigne un groupe d’arbres endommagés par les bourrasques de vent violentes des derniers jours et donnent ses dernières instructions : " tu estimeras la direction de chute, la façon dont tu vas l’abattre, si tu laisses une entaille ouverte ou fermée "… Jeff Consiglio, le premier des élèves du jour à se lancer écoute attentivement, grâce à José il a maintenant une idée assez précise de la manière dont il va gérer les risques inhérents à l’abattage d’arbres : " Une fois arrivés sur le terrain, on va dégager le pied de l’arbre, on va vérifier qu’il est sain et on va prendre en compte toutes les mesures extérieures, c’est-à-dire la météo, les éventuelles branches mortes dans l’arbre, tout ça. Donc on va évaluer tous les risques en fait " nous explique-t-il avant de se mettre à l’œuvre.

Le maître mot lors de la formation c’est bien sûr : sécurité. C’est pour réduire le nombre d’accidents dans les secteurs agricoles et forestiers qu’un système de certification européen a été mis en place pour les utilisateurs de tronçonneuse, avec le soutien de l’industrie du bois. En Wallonie, le centre de compétences " Forem Secteur Verts " est le seul organisme de formation agréé. " Chaque année on entend des histoires de personnes qui se sont tuées en coupant un arbre ou en tombant " raconte José Larcy, le formateur. " Ce sont souvent des gens qui n’ont aucune ou très peu de formation. Ce sont des métiers à risque. On travaille avec des engins coupants mais il n’y a pas que la tronçonneuse qui est dangereuse, on travaille avec ce qu’on a autour de nous aussi, les arbres, les bois morts et tout ça et donc oui ce sont des métiers très dangereux " détaille-t-il.

Depuis la création de la formation en novembre dernier, une quarantaine de personnes ont déjà été formées, il faut dire qu’un certificat européen officiel est une belle ligne à mettre sur un CV lorsque l’on cherche à entrer dans le monde de la sylviculture : " C’est une corde en plus à son arc de toute façon " affirme Vincent Brimart, un autre élève du  jour. " En parcs et jardins il faut aussi pouvoir traiter les arbres, décider ce qu’il faut abattre et nettoyer… donc oui bien sûr c’est important " insiste-t-il. Pour Thierry Ney, le porte-parole du Forem, les besoins en formation sont manifestement importants du côté des demandeurs d’emploi comme des travailleurs du secteur : " Toutes les formations jusqu’à la fin mars sont déjà complètes donc on se rend compte que les demandeurs d’emploi souhaitent se former car c’est une façon de se démarquer sur le marché de l’emploi mais aussi une façon de montrer patte blanche pour les sociétés qui font appel à des professionnels du secteur et ils veulent bien sûr avoir des gens compétents " analyse-t-il.

Le secteur de l’exploitation forestière compte tout de même près de 2500 travailleurs en Wallonie. Et pour les demandeurs d’emploi qui se lancent dans une formation " sylviculture " plus large, le taux d’insertion dans le marché de l’emploi est de quatre-vingts pourcents actuellement. Autant dire que savoir manier une tronçonneuse correctement peut être un atout non-négligeable.

 

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