Des écoles veulent éviter les dérives des pages "spotted"

"A toi, jeune rhétoricien : ta chevelure rousse me rend folle. Je voudrais que tu deviennes un sex-symbol." Cette déclaration anonyme publiée sur la page spotted de l’Institut de la Providence, à Champion (Namur), n’est pas bien méchante. Mais il arrive que les messages soient déplaisants à l’égard d’une personne que l’on pourrait identifier. "C’est déjà arrivé, déclare Evelyne (élève de rhéto). Certains commentaires ont pu faire vraiment mal. Après, c’est souvent regretté mais c’est trop tard : le mal est fait. Comme il y a beaucoup de monde sur ces pages, c’est vu par tout le monde."

Si le message initial publié sur spotted est anonyme, les commentaires qu’ils suscitent ne le sont pas. Et comme bien souvent sur les réseaux sociaux, les jeunes ne mesurent pas tout de suite les conséquences de ce qu’ils écrivent. "Ce qui est embêtant, souligne Maxence (un autre rhétoricien), c’est qu’on est spontané. On peut mettre tout ce qui nous passe par la tête. Une fois écrit, on se dit : mince, on n’aurait pas dû…"

Jusqu’ici, aucun incident majeur ne s’est produit à l’Institut de la Providence, mais la direction a tout de même réagi, par mesure de précaution. Un courrier très ferme a été adressé aux parents et aux élèves de 5e et 6e. "Mon rôle est de veiller à protéger les élèves et de les éduquer, rappelle le directeur Olaf Mertens. Lorsqu’on a vu que ce site pouvait partir dans des directions vraiment très dangereuses, on a mis tout en route pour informer les parents et les élèves, mais aussi les professeurs pour qu’ils puissent en parler en classe."

Dans son avertissement, également publié sur spotted, le directeur en appelle à la retenue sur les réseaux sociaux, et au respect de la vie privée. Toute moquerie, tout dénigrement, pourra faire l’objet de sanctions disciplinaires.

RTBF

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