Des écoles bruxelloises contournent-elles les règles du décret inscription en première secondaire ?

Les inscriptions en première secondaire ont démarré il y a une semaine. Un laps de temps est laissé aux parents jusqu’au premier mars pour inscrire leur enfant dans l’école de leur premier choix.

Un temps suffisant pour constater des dérives en Région bruxelloise. Elles sont pointées du doigt par l’association Infor-Jeune Laeken. Selon elle, certains établissements dits réputés ou élitistes dissuaderaient les parents, notamment en organisant un entretien préalable.

Une procédure simple à la base

Pour inscrire son enfant en secondaire, la procédure est simple. Dans un premier temps, il suffit de déposer le formulaire unique d’inscription (FUI) dans l’établissement de son premier choix.

Ensuite la Fédération Wallonie-Bruxelles calcule via plusieurs questions un indice. Ce nombre détermine si l’enfant est prioritaire ou non dans cet établissement. Cet indice est calculé en fonction du milieu socio-économique des parents, de la distance du domicile et de l’école, de si les frères et sœurs sont déjà scolarisés dans l’établissement, …

On a refusé de me donner un rendez-vous 

Certaines écoles compliqueraient la démarche. C’est ce qu’a raconté une maman d’élève. "Je me suis présenté le 11 février. On a refusé de prendre mon formulaire. On a refusé de me donner un rendez-vous. Après j’ai dû entamer les démarches pour obtenir un rendez-vous avec la direction. J’en ai finalement obtenu un après une semaine. La direction m’a demandé d’apporter avec moi des documents supplémentaires, des photocopies de carte d’identité des parents et de l’enfant ainsi que ses bulletins de 5 et 6ème primaire ", témoigne cette jeune maman au micro de la RTBF.  

Une stratégie de dissuasion ?

L’ASBL Infor-Jeune Laeken craint que ces entretiens résultent d’une stratégie de dissuasion dans certains établissements dits "de bonne réputation". "Ce que nous reprochons, c’est qu’il y a toujours des tentatives de sélectivité. On constate que des écoles se permettent de demander le bulletin ou exigent des entretiens avec les parents. Ce n’est pas le prescrit légal. Ce qui est prévu par le décret c’est le dépôt du formulaire et d’obtenir la preuve que ce formulaire a été déposé", s’exclame Chantal Massaer la directrice de l’ASBL qui défend les intérêts des jeunes.

Selon Eric Etienne, le porte-parole de la ministre de l’Education en Fédération Wallonie-Bruxelles. "Ces rendez-vous avec la direction sont légaux, pour autant que l’école propose également des plages horaires sans rendez-vous. Ce qui est illégal c’est de dissuader les parents lors de ces rendez-vous".

Sur les nombreuses écoles contactées, la direction d’une seule était disponible pour nous répondre. Selon elle, ils reçoivent les parents uniquement sur rendez-vous pour éviter aux parents d’attendre. Ce rendez-vous sert aussi de première prise de contact. Le but, évaluer les attentes de l’enfant et des parents par rapport au programme de l’école.

Dans tous les cas, l’obtention du CEB en juin sera l’unique condition d’entrée dans n’importe quel établissement secondaire.

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