Des échevins de l'Enseignement se déclarent en faveur d'un cours d'histoire de la pensée

Les enfants qui ont sollicité une dispense pour les cours de morale et de religion ne seront pas forcément exempt de se rendre en classe.
Les enfants qui ont sollicité une dispense pour les cours de morale et de religion ne seront pas forcément exempt de se rendre en classe. - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

A l'initiative de 14 échevins de l'Enseignement, la déclaration en faveur d'un cours d'histoire de la pensée et d'éducation à la citoyenneté commun à tous les élèves dans l'enseignement obligatoire a été présentée lundi à la maison Pelgrims de Saint-Gilles. Elle sera remise à chaque chef de groupe politique du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ainsi qu'à la ministre de l'Enseignement Joëlle Milquet.

Pour les enfants qui ont sollicité une dispense pour la rentrée 2015, les échevins demandent qu'une autonomie soit donnée aux pouvoirs organisateurs quant au contenu des 2 heures d'encadrement pédagogique alternatif. La solution préconisée à terme par la déclaration de politique communautaire prévoit de remplacer une heure du cours de religion par un cours de citoyenneté et de démarche philosophique. Les échevins veulent aller plus loin en éliminant complètement le cours de religion et en organisant à la place 2 heures d'histoire de la pensée, avec un programme évolutif selon les niveaux.

"On voudrait enseigner le fait religieux"

Si les thèmes envisagés sont encore larges et peuvent aller jusqu'à inclure l'éducation sexuelle ou le développement durable, l'approche est clairement définie. "Dans le libre, il y a un référentiel commun", remarque Joëlle Maison, échevine de l'Enseignement à Uccle. "Avec certains professeurs du libre confessionnel, les élèves sont rassemblés et il y a déjà un véritable cours d'histoire de la pensée. On évoque les autres religions au cours de religion catholique. On se trouve donc devant un paradoxe. Dans le libre confessionnel, les autres religions et le vivre ensemble sont favorisés. Dans l'enseignement officiel, les élèves sont par contre contraints à être séparés". Elle souhaite mettre en exergue la rencontre : "Aujourd'hui, il n'y a pas de rencontre et on enseigne le dogme. Nous, on voudrait enseigner le fait religieux. La religion fait partie de nos civilisations. Ce qui importe est d'éclairer les élèves sur les différents courants de pensée et les différentes manières de répondre aux mêmes questions universelles. Le défi de demain est de pouvoir avec un bagage commun apprendre à connaître les autres et ne plus avoir peur de la différence".

La religion au sein de l'enseignement

L'échevine bruxelloise de l'Enseignement Faouzia Hariche défend la place de la religion à l'école, dans une approche propre à la neutralité de la Belgique qui se distancie de la laïcité française : "Il faut permettre aux enfants de décrypter sa propre pensée et la pensée de l'autre pour ensuite les soumettre à l'esprit critique. Cela permet entre autres d'éviter les embrigadements divers. Les religions sont aussi des mouvements de pensée et il n'y a pas de raison de les éluder complètement. Être neutre ne signifie pas renvoyer le fait religieux au privé. C'est aborder tous les mouvements de manière objective". Les professeurs de religion qui ont suivi la formation à la neutralité et qui ont les titres pour enseigner pourraient conserver un poste dans l'enseignement officiel ou dans un autre réseau.

Belga

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