Des détenues créent des costumes pour la Procession du Car d'Or à Mons

Prison de Mons : cours de couture
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Prison de Mons : cours de couture - © RTBF

Dans le cadre d’un cours de couture, des détenues de la prison de Mons ont créé des costumes pour la Procession du Car d’Or, qui se déroulera lors de la Ducasse. Un projet mené par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui offre à certaines des possibilités de réinsertion. Immersion au sein de la prison pour femmes de Mons.

Trois fois par semaine, Martine Chantry arpente les couloirs sinueux de la prison pour femmes de Mons. Si elle tres bien les gardiennes qu’elle croise sur son passage, le contact est encore plus amical avec quelques détenues. Des femmes qu’elle préfère appeler ses " élèves ". Aujourd’hui, la responsable du cours de couture retrouve quatre d’entre elles pour la présentation de costumes un peu spéciaux. Des pièces qui serviront lors de la procession du Car d’Or, moment important de la Ducasse de Mons.

Coudre pour s’évader

Une belle histoire qui sonne presque comme une autre pour Martine Chantry, qui côtoie des détenues depuis quelques années. " Le milieu carcéral m’a toujours passionné. Contrairement à certaines idées reçues, cela apporte beaucoup sur le plan humain. Enseigner ici est un réel plaisir ", témoigne la chargée de cours, rattachée au réseau Enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Chaque séance dure près de trois heures durant lesquelles les participantes apprennent les techniques de base (ourlet, boutonnière, etc.) jusqu’à la confection entière de vêtements. Chacune d’entre elles est inscrite sur base volontaire. L’apprentissage est particulier et bien différent de celui distillé dans les écoles traditionnelles. " Le cours ne se déroule pas comme dans une école. Ici, il y a un contact particulier avec les détenues. Il faut beaucoup parler et certains moments sont très poignants. Ces femmes ont besoin de se confier ", poursuit Martine Chantry.

De la couture à la réinsertion ?

Un peu de couture, beaucoup de discussion. Pour ces femmes, le cours est souvent l’occasion de s’évader, le temps de quelques heures. " Cette activité nous occupe et nous permet de quitter notre cellule. Cela nous change les idées. Et puis, on a l’occasion de confectionner nos propres vêtements, confie Caroline. " Je n’avais jamais touché une machine à coudre avant cette année ", précise Sonia. " C’est vraiment très intéressant et puis surtout, cela m’apaise ".

Une activité qui réjouit également le directeur de la prison, Axel Piers. " La plupart des détenues ont connu des vies très délicates. Des moments de vie qui se terminent souvent par des claques physiques ou judiciaires. Ce qu’elles réalisent ici, c’est fort d’un point de vue symbolique.

La couture comme outil de réinsertion, beaucoup de ces détenues y croient. Toutes recevront une attestation de fin de cours qui pourrait leur permettre de capitaliser, une fois dehors, ces heures de cours passés derrière les barreaux de la prison.

T. Godaert

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