Des défenseurs du droit à l'avortement pourraient être sanctionnés par la ville de Bruxelles

En avril dernier, des défenseurs au droit à l'avortement ont organisé une contre-manifestation dans les rues de Bruxelles. Cette contre-manifestation avait été réprimée par la police.
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En avril dernier, des défenseurs au droit à l'avortement ont organisé une contre-manifestation dans les rues de Bruxelles. Cette contre-manifestation avait été réprimée par la police. - © DR

En avril dernier, ils ont organisé une contre-manifestation lors d'une marche d'opposants à l'avortement. Cette contre-manifestation a été réprimée par la police et aujourd'hui, les militants sont poursuivis pour avoir participé sans autorisation à une manifestation.

Ils risquent une sanction administrative communale qui peut monter jusqu'à 350 euros. Mais ce n’est pas tout : les militants se plaignent de voir la Ville de Bruxelles entamer des poursuites judiciaires pour entrave méchante à la circulation, notamment des bus et des trams.

Le collectif "Haricot rouge" y voit non seulement une entrave à la liberté de manifester mais aussi un positionnement de la ville de Bruxelles.

"Nous sommes effrayées de voir de quel côté la Ville se positionne, déclare Charlotte Casier, l’une des militantes. Une autorisation avait été délivrée aux marcheurs "pour la vie". Après, lorsque des personnes rappelaient leur attachement au droit de disposer de leur corps, elles se font fortement sanctionner. Du coup, on s'interroge : de quel côté préfère-t-on se mettre à la Ville ? Qui sanctionnent-ils ?"

Comment réagit le bourgmestre de la ville de Bruxelles ?

D'abord, Philippe Close (PS) rappelle que son premier patron était Roger Lallemand, coauteur de la loi sur la dépénalisation de l’avortement en Belgique. Il insiste aussi sur l'importance du droit de manifester à Bruxelles.

"Je n'ai pas à juger pour ou contre une manifestation, explique le bourgmestre. Nous avons plus de 900 manifestations par an. Elles sont autorisées. Nous négocions tout cela en permanence. Nous avons d'ailleurs été classé dans le monde comme une des villes qui respecte le plus la liberté d'expression… Et ces personnes doivent le savoir : elles ont le droit de manifester mais ici, elles ont enfreint une série de règles. Nous leur avons proposé une médiation mais elles l'ont refusée. C'est leur droit ! Elles iront maintenant devant le fonctionnaire-sanctionnateur et pourront faire valoir leurs droits. Je ne compte pas intervenir dans une procédure administrative réglée par la loi. Mais elles doivent aussi comprendre qu'elles doivent respecter la loi."

Archive JT 22/04/2018

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