Des déchets nucléaires vont-ils être enfouis dans le sol de la province de Luxembourg ?

L'ONDRAF (l'Organisme belge des déchets radioactifs) cherche de nouveaux sites d'enfouissement pour ses déchets radioactifs. Plusieurs sites sur la province de Luxembourg sont envisagés.
L'ONDRAF (l'Organisme belge des déchets radioactifs) cherche de nouveaux sites d'enfouissement pour ses déchets radioactifs. Plusieurs sites sur la province de Luxembourg sont envisagés. - © Belga

Mardi, la ministre luxembourgeoise de l'Environnement s'est inquiétée publiquement du projet d’enfouissement de déchets radioactifs dans le sud de notre pays et de son impact environnemental, dénonçant même une irrégularité vis-à-vis des procédures européennes en vigueur. Un coup de gueule qui a aussitôt alerté les bourgmestres belges des communes concernées. D’ailleurs, pour certains, c'était la première fois qu'ils entendaient parler de ce projet !

Sur le fond, l'ONDRAF, l'Organisme belge des déchets radioactifs, cherche de nouveaux sites d'enfouissement pour ses déchets radioactifs. Un sujet hautement polémique.

Plusieurs sites sont envisagés dans la province de Luxembourg, en Gaume et en Ardenne par exemple, où le sous-sol schisteux convient bien à cet enfouissement. On citera notamment les communes de Florenville, Chiny, Virton ou encore Neufchâteau, Vaux-sur-Sûre, Fauvillers...

Une enquête publique transfrontalière a été ouverte en toute discrétion et en plein confinement le 15 avril et doit se terminer le 13 juin (elle est consultable sur le site de l’ONDRAF).

Aucun bourgmestre concerné n'a été apparemment prévenu

On vous le disait, c'est finalement la sortie mardi du Grand-Duché qui les a alertés. "C’est tout simplement un bourgmestre luxembourgeois qui nous a contactés, confirme Nicolas Stimant, bourgmestre de Fauvillers, en nous disant qu’il était très inquiet par rapport à cette enquête publique en cours (…) On constate que cette enquête

publique a fait l’objet d’assez peu de publicité, qu’elle est passée assez inaperçue en pleine période de confinement. C’est surtout cet aspect-là qui pose question !"

De l'autre côté de la frontière, la crainte luxembourgeoise, c'est la pollution, notamment de l'approvisionnement en eau potable. "La moindre fuite radioactive dans le sous-sol pourrait effectivement entraîner des problèmes de potabilité pour plusieurs milliers de Luxembourgeois, poursuit Nicolas Stimant. Or, ici, on est dans un environnement préservé. Qui plus est, on essaie justement de faire revenir toute une série d’espaces naturelles, qui se voient nulle part ailleurs en Belgique… Alors ce projet, c’est un non-sens total !" 

Le Grand-Duché parle encore d'un dossier peu transparent. Notre ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem, a réagi à ces accusations. Le dossier respecte les règles européennes, dit-elle, et rétorque qu’il s’agit là d'une campagne de désinformation et d'un incident diplomatique sérieux. Pour la ministre, l'affolement est prématuré d'autant qu'il s'agit de la toute première étape d'un processus qui sera très long et qui se comptera en plusieurs années. La ministre qui rappelle qu'à chaque fois il y aura des consultations publiques.
 

Mais l'alerte est lancée à présent et les bourgmestres concernés comptent eux-aussi manifester leurs doutes, leurs craintes et leur opposition. A Fauvillers toujours, le bourgmestre nous a confié qu’il comptait proposer de voter une motion contre le projet lors du prochain conseil communal.

D'autres provinces concernées aussi, dont la province de Namur

Après plusieurs bourgmestre de la province de Luxembourg ce sont aussi les sections provinciales du CDH et d'Ecolo qui ont réclamé l'arrêt de ce projet hier. 
En critiquant ses aspects environnementaux, mais aussi la période choisie pour mener la consultation, en plein confinement. 

Ecolo en province de Namur aussi rappelle que deux zones potentielles sont situées à Namur et Dinant et appelle les opposants au projet à réagir en participant à l'enquête qui se termine le 13 juin. 
Le collège communal de Dinant lui aussi rejette l'idée de déchet nucléaire sur son territoire et critique la façon dont cette consultation est menée.

Pour être complet, notons que début avril, au fédéral, le groupe Ecolo avait déposé une proposition de résolution qui demandait d'allonger le délai de la consultation publique… Une proposition qui n'avait pas trouvé de majorité.

Archives : Journal télévisé du 08/07/2019

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