Des chercheurs gembloutois étudient l'impact du réchauffement climatique sur les insectes

Le réchauffement climatique, avec d'autres facteurs, a un impact sur de nombreuses espèces d' insectes.
Le réchauffement climatique, avec d'autres facteurs, a un impact sur de nombreuses espèces d' insectes. - © © YURI KADOBNOV - AFP

Le moustique tigre... une des espèces exotiques d'insectes qui prolifère chez nous, depuis quelques années!
Parmi les différents facteurs explicatifs: le réchauffement climatique.

Les chercheurs estiment que 10% d'espèces exotiques nouvellement apparues sur le continent européen trouvent désormais chez nous les conditions favorables à leur développement. 

A Gembloux, des zoologistes étudient l'impact du réchauffement climatique sur les insectes... un impact qui a des effets en cascade. Au total, quelque 200 chercheurs participent à ces recherches. Dont certains dans l'écotron, un dispositif comportant une dizaine de cellules de 12m² soumises chacune à des conditions climatiques différentes.

Originaire d'Asie, le moustique-tigre s'est progressivement propagé en France, depuis une dizaine d'années.  Il a été identifié chez nous il y a 4 ou 5 ans par des chercheurs de Gembloux Agro-Bio Tech. Pour le Professeur François Verheggen, zoologiste, "la hausse moyenne des températures et l'augmentation moyenne de la pluviométrie créent les conditions idéales à la prolifération de ces insectes qui progressent vers le nord".

Impact sur les abeilles

Le réchauffement climatique joue aussi un rôle sur la survie des abeilles, déjà fortement touchées par les pesticides et autres parasites. "Qui dit pluie, dit des abeilles qui ne sortent pas pour aller butiner", explique François Verheggen. "Plus de périodes de pluie, c'est moins de possibilités de collecter de la nourriture et donc de permettre aux abeilles de nourrir leurs larves. Par ailleurs, le changement climatique peut induire des printemps précoces. Les abeilles se remettent à se reproduire. Mais si ce printemps est trop précoce,  et qu'il est suivi par une période de froid trop intense, cela va mettre en péril la survie de la colonie".    

Dans le sud de la France, la Processionnaire du Pin fait des ravages. Cette chenille connue dans le bassin méditerranéen décime les pinèdes. On pensait la voir remonter aux portes de Paris vers 2050. Mais favorisée par le réchauffement climatique, elle y est d'ores et déjà.

Pucerons à foison

Avec la hausse des températures, d'autres espèces se reproduisent plus vite, comme certains pucerons, particulièrement friands de plantes et autres cultures importantes pour l'agro-alimentaire. "Une hausse moyenne de 2 degrés, et c'est un nombre plus important de générations produites par an. On passerait de 18 à 22 ou 23 générations de jeunes pucerons par an! Sachant qu'une femelle peut produire 20 à 30 jeunes par génération, imaginez la prolifération d'individus néfastes aux plantes destinées à notre consommation"!        

Qui plus est, davantage de pucerons, c'est aussi plus de guêpes (amatrices de pucerons)... bref, un changement climatique qui, avec d'autres facteurs, a aussi des conséquences sur la pollinisation, l'écosystème et la transmission de maladies par les insectes. 

On estime que notre planète compte plus d'un million 200.000 espèces différentes d'insectes! C'est plus de 80% de la diversité animale!

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