Des canons à chaleur pour réchauffer les pommiers: "Le gel pourrait ruiner la récolte"

Le thermomètre qui fait du yoyo depuis début avril. 25 degrés le 9 avril. Jusqu' à moins 4 voire moins 6 degrés annoncés cette nuit. Dans les vergers, ces écarts de températures suscitent la crainte des producteurs. Comme la floraison des arbres a été précoce cette année, le risque, c'est que les gelées viennent gâcher la qualité des récoltes prévues en automne. Les arbres qui ont déjà fleuri sont plus sensibles au gel.

Gelées dangereuses, surtout pour les pommiers

"La floraison a été très précoce" explique Serge Fallon, producteur de fruits aux "Vergers de la vallée" à Hanret dans la commune d'Eghezée. "On a eu 2 bonnes semaines d'avance pour les pommiers, et encore davantage pour les poiriers. Les températures étaient très douces début avril et dans ce cas, le gel qui arrive ensuite  peut faire de sacrés dégâts".

Le risque pour les poires, c'est qu'elle soient moins belles. Que la peau se craquelle et devienne brune. "L'important c'est qu'elles soient déjà sorties, les poirettes sont visibles."

Mais pour les pommiers le risque est plus grave."Avec le gel, une grosse partie de notre récolte pourrait être ruinée, comme pour les "Boscoops" par exemple". Des dégâts importants qui gâchent toute la récolte? Tout dépendra de l'ampleur des gelées  à venir. "Si c'est  moins 7 degrés ou encore plus froid, on appelle ça les gelées noires, et là on  peut carrément parler de catastrophe avec une perte quasi totale de récolte, mais on n'en est pas encore là".   

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Serge Fallon des "Vergers de la vallée" espère que les dégâts du gel ne seront pas trop importants dans ses cultures. © Laurence LENNE-RTBF

Les yeux rivés sur les prévisions météo nuit et jour

Serge Fallon et les autres producteurs de fruits ne quittent plus les prévisions météo des yeux. Tablettes, smartphones: tout est bon pour s'informer sur l'ampleur des gelées prévues. "Cette nuit on parle de moins deux degrés sous abri. (ndlr-Certaines prévisions parlent de moins 4 ou même moins 6 degrés par endroit), cela veut dire que ça devient déjà dangereux".

Pour rassurer les horticulteurs, les températures de jour devraient aussi remonter. Les abeilles ne sortent pas facilement en-dessous de 12 degrés et cela retarde la pollinisation importante pour les cultures.

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Pour éviter que le gel ne fasse trop de ravages, ces bourgeons seront réchauffés cette nuit à l'aide bougies et de canons à chaleur. © Laurence LENNE-RTBF
Des canons à chaleur pour réchauffer les pommiers. Serge Fallon et son épouse ont fait l'investissement pour éviter les ravages du gel d'avril. © Valérie Fallon

Des bougies spéciales et des canons à chaleur dans les vergers

Aux vergers de la vallée, les 18 hectares de pommes et de poires seront donc surveillés de près les nuits qui viennent. "On annonce par exemple un ciel dégagé cette nuit, et les températures dans ce cas peuvent plonger au petit matin. On ne dormira quasi pas, on va guetter le thermomètre". Et cette année, Serge Fallon a prévu les grands moyens pour sauver sa récolte.

"En 1991, j'ai perdu une grande partie de ma production à cause d'une météo semblable, alors cette année comme c'était très précoce, j'ai acheté des bougies Stop Gel, spécifiques pour les cultures. Elles peuvent réchauffer de 1 ou deux degrés. J'ai aussi 2 canons à chaleur au gaz. Ils ne m'ont pas servi l'an dernier, mais depuis cette semaine, ils sont de sortie."

Un attirail antigel très cher

Très peu d'horticulteurs ont les moyens de se munir d'un tel matériel. L'investissement est de taille pour des moyens qui ne serviront peut-être qu'une année sur 10. Un canon à gaz coûte par exemple au minimum 6000 ou 7000 euros sans compter la consommation en action. Seuls "les Jardins de Meerdorp" et "les Vergers de la vallée" ont un tel matériel en Wallonie. "Les bougies aussi reviennent très cher" ajoute Serge Fallon. "C'est un peu un test pour savoir si cela va nous aider à préserver nos récoltes. Mais on ne peut pas se permettre de l'installer sur tous nos vergers. On l'installe sur une petite partie de nos plantations." En espérant que l'investissement consenti vaille la peine.

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