Des bureaux vides occupés provisoirement par des femmes sans papiers et leurs enfants

Des bureaux vides occupés provisoirement par des femmes sans papiers et leurs enfants
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Des bureaux vides occupés provisoirement par des femmes sans papiers et leurs enfants - © Tous droits réservés

Le bâtiment de sept étages était vide depuis quelques années. Vide mais avec des châssis, des sanitaires et un chauffage en bon état. Pour les ASBL Chez Nous-Bij Ons et Samenlevingsopbouw Brussel, qui ont l’habitude d’encadrer des personnes vulnérables, c’était une aubaine. Moyennant quelques aménagements, cet immeuble de bureaux pouvait héberger plusieurs familles, principalement des femmes sans papiers et leurs enfants. Depuis le mois de juillet, une quarantaine de personnes s’y sont installées. Nesa, qui vit à Bruxelles depuis 10 ans, n’en revient toujours pas d’être là.

Se sentir en sécurité pour réfléchir à sa situation personnelle

"Avant, je vivais dans un grand squat, avec des hommes, ce n’était pas très propre. Ici, les enfants ne restent pas enfermés dans les chambres, ils circulent dans les couloirs. Tout le monde est plus à l’aise". Sans papiers, et donc sans revenu fixe, Nesa n’a pas grand espoir de trouver un logement autrement. Alors, les quelques mois qu’elle espère passer ici, font figure de répit. Et c’est bien là l’objectif des travailleurs sociaux qui accompagnent le projet. "On doit pouvoir se poser, sentir en sécurité pour réfléchir à sa situation personnelle. Ce qui est impossible quand on est dans la rue. L’idée est de créer les conditions pour que ces personnes puissent se demander vers où elles veulent aller". Le but n’est pas de les convaincre de rester sur le territoire, explique Naël Daibes (asbl Chez Nous).

L’espoir de signer une convention d’occupation temporaire

Combien de temps ces personnes pourront-elles rester dans l’immeuble ? Quelques mois sans doute, le temps de passer l’hiver. L’actuel propriétaire, la FGTB, avait prévu de réaliser des travaux. Dans l’attente des permis, il ne s’oppose pas à cette occupation et pourrait même signer une convention d’occupation temporaire qui autorise donc les familles à rester sur place. Ismaël est l’un des rares hommes à s’être installé dans ces bureaux vides. Il retrouve ici une sorte de chaleur familiale, lui qui a quitté son pays depuis si longtemps. Autour de la table de ce qui fait office de cuisine, il partage une tasse de thé fumant. Cela me fait plaisir de préparer et partager un thé. Au Maroc, on fait cela tout le temps. En Belgique, c’est plus difficile de recevoir… ou d’être reçu.

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