Des bénévoles de la Commission historique de Grâce-Hollogne ont scanné 55.000 pages d'archives

Plus que quelques pages à scanner
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Plus que quelques pages à scanner - © RTBF - Martial Giot

Ce lundi, trois bénévoles, membres de la commission historique de Grâce-Hollogne, ont mis un point final à une opération titanesque. Durant trois ans, tous les lundis matin, ils se sont relayés pour se rendre au dépôt des Archives de l’Etat afin d’y scanner les registres des cours échevinales des anciennes communes formant Grâce-Hollogne. Ces registres reprennent des actes posés depuis le 14e siècle jusqu’à la fin du 18e. Ils occupent 14 mètres de rayonnage. Les cours échevinales étaient des cours de justice. Elles enregistraient aussi les opérations foncières.

La collaboration entre les bénévoles et les Archives de l’Etat a permis de scanner quelque 55.000 pages pour les préserver et les rendre plus accessibles. Tous les lundis matin, Jean Grimbérieux a procédé à cette numérisation : "Je me suis de plus en plus intéressé à l’Histoire de Horion-Hozémont, d’abord, quand je suis allé habiter là-bas, parce que je suis originaire de Liège. Puis je me suis pris au jeu. J’ai été recruté par la commission, donc, quand on a eu besoin de quelqu’un pour venir ici tous les lundis matin, j’ai accepté. Si, il y a trois ans, nous avions su que cela prendrait autant de temps, peut-être qu’on ne se serait pas lancés à l’eau comme ça. Mais on est contents de l’avoir fait. A la vitesse où on travaille, il n’y a pas moyen de lire les documents. Les lire en diagonale, oui, mais je vous assure que ce n’est pas facile." Va-t-il commencer à les lire à présent ? "Certainement." Combien de temps pense-t-il que cela lui prendra ? "Plus que trois ans, je crois."

Doris Davin préside la commission historique de Grâce-Hollogne : "C’est parti d’un de nos membres qui avait connaissance d’un précieux fond d’archives ici aux Archives de l’Etat. Ces documents n’étaient pas facilement accessibles. Certains sont très fragiles. Donc l’idée est venue de se proposer comme bénévoles puisqu’on avait une petite équipe."

 

La proposition de la commission historique de Grâce-Hollogne était inédite. "Elle est unique à Liège, en tout cas.", explique Anne Jacquemin, la responsable du dépôt des Archives de l’Etat de Liège, "C’est une solution vraiment win-win, puisque ça permet à la commission historique d’accéder rapidement aux informations qui l’intéressent et à nous de scanner ces documents, de préserver les originaux et de donner accès à un plus grand nombre. Ils seront disponibles maintenant sur les écrans de toutes les salles de lecture des Archives de l’Etat à travers tout le pays." Sans les bénévoles, ces documents auraient-ils été scannés un jour ? "Peut-être un jour, mais pas aussi rapidement que maintenant.", répond Anne Jacquemin.

Historien et membre fondateur de la commission historique de Grâce-Hollogne, Philippe Gémis s’est déjà plongé dans quelques-uns des documents scannés : "J’ai trouvé pas mal d’affaires judiciaires assez étonnantes. Bon, les éternelles bagarres d’ivrognes, évidemment. Souvent des bergers, ce sont souvent eux qui sont à l’origine des querelles dans les tavernes sous l’Ancien Régime, notamment à Velroux au 18e siècle. J’ai découvert aussi un récit de l’assassinat de Sébastien La Ruelle (bourgmestre de Liège, tué dans un guet-apens en 1637), on ne sait pas trop ce qu’il fait dans un registre de Velroux. J’ai découvert une chanson de Noël aussi, qui me paraît inédite, et un récit de Gargantua. Que fait Gargantua dans un registre de Velroux, petit village hesbignon perdu au milieu de la campagne, au 17e siècle ? Je vais confier ce mystère à des philologues, qui sont plus compétents que moi."

 

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