Dépités, certains agriculteurs arrachent leurs pommiers

"Entre deux réveillons, mangez des pommes wallonnes !" C'est le cri du cœur des producteurs en cette fin d'année.

Depuis quelques temps, c'est la crise chez les producteurs de pommes et de poires wallonnes. En cause, notamment l'embargo russe sur les fruits et légumes en vigueur depuis deux ans qui a fait chuter les prix, mais pas seulement. La météo, défavorable n'a rien arrangé et le marché est inondé de pommes dont le prix est au plus bas.

Alain Dirick est producteur de pommes et de poires à Verlaine. Aujourd'hui, il ne reste plus rien de ses cinq hectares de pommiers qu'il vient d'arracher. "J'ai décidé de les éliminer, en tous les cas, des pommes de table, parce que pour l'instant, ce n'est absolument plus rentable" explique-t-il.

Pour analyser la situation, Alain Dirick avance aussi d'autres pistes. " Les grandes surfaces appliquent un prix nettement, nettement supérieur à ce qu'ils nous achètent. La ménagère belge achète un peu n'importe quoi. La française achète Français, l'allemande, Allemand, mais la belge, pas spécialement du Belge".

Il a donc décidé de tourner la page. Bientôt des vignes pousseront dans son terrain, à côté de pommiers destinés à la fabrication de cidre.

Serge Fallon, président de la Fédération wallonne horticole et producteur à Eghezée, en Hesbaye namuroise dresse un tableau sombre de la situation:  " On parle de 20 à 25 % de pommes qui sont arrachées et tout cela vient de décisions qui ont été prises par l'Europe. Quand vous voyez comment ils ont financés des pays comme la Pologne, où on a attribué énormément d'argent pour faire des nouveaux vergers, de nouvelles infrastructures, sans parler de salaires à 1,80€ à 2€ l'heure, nous ne pouvons pas concurrencer cela".

Vendre à un juste prix serait une solution. Encore faudrait-il que la grande distribution soit plus attentive aux produits locaux et rémunére plus équitablement les producteurs.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK