Denis Gielen, le nouveau patron du Mac's, s'offre une cure de vitamine pour commencer

Denis Gielen, le nouveau patron du Mac's, achève le montage de sa première expo comme directeur
Denis Gielen, le nouveau patron du Mac's, achève le montage de sa première expo comme directeur - © M. Delporte

"Peinture pour tous" sera la première expo de Denis Gielen, le successeur de Laurent Busine.

Il faudra sans doute un peu de temps pour remplacer vraiment l'âme du Mac's, Laurent Busine, ses volutes de cigarillos, ses éclats de rires et sa façon passionnée de parler de son bébé, le Mac's, le Musée d'Arts contemporains, inauguré en 2002. Mais Denis Gielen semble serein. A 48 ans, celui qui se destinait à des études d'ingénieur agronome, assume son choix de l'art contemporain "façon autodidacte". Il faut dire qu'il a roulé sa bosse dans le milieu : critique d'art d'abord, directeur des publications au Mac's, puis sous-directeur depuis 2006. Il la connait cette boutique.

50 personnes pour proposer trois expos par an, à raison de 60.000 visiteurs annuels : c'est un bon rythme qu'il entend conserver. Comme il entend conserver la philosophie de Laurent Busine : " l'accès à l'art contemporain est peut-être parfois difficile, pas pour de bonnes raisons, je pense qu'il y a des a priori psychologiques. On se dit que c'est réservé à une élite financière, parce qu'il y a tout le mystère des collectionneurs, ou on imagine qu'il faut une grande connaissance de l'histoire de l'art, mais pour moi, l'art contemporain est parfois plus facile qu'une expo de Rembrandt, parce que ce sont des artistes actuels, qui nous parlent des problèmes d'aujourd'hui avec une vision poétique des choses".

Bien entendu, Denis Gielen entend poursuivre aussi la volonté de son prédécesseur de partager la culture. Il poursuivra les visites guidées ou les animations, avec du personnel engagé par le Mac's, qui décode, qui traduit, en fonction du public d'enfants, d'ados, de visiteurs avertis, de malvoyants, de promeneurs du dimanche. Denis Gielen se dit aussi très attaché à cette région, à sa population. Le bruxellois connait les critiques adressées au Mac's : "c'est loin, difficile d'accès en transport en commun, mais lorsqu'on est sur le site, qu'on passe une demi-journée au Grand-Hornu, qu'on visite une ou deux expos, qu'on profite du parc, on vit comme dans un moment... un temps suspendu. On est hors du brouhaha de la ville, hors de la grisaille qui l'entoure parfois."

Et ce site, sauvé de la destruction dans les années 70, avant d'être racheté par la Province de Hainaut, mérite franchement le détour. L'ancien complexe minier, érigé par l'ancien capitaine d'industrie Henri Degorge, début du 19ième, puis abandonné en 1954, est maintenant patrimoine mondial Unesco. Sa restauration, par Henri Guchez, puis par Pierre Hebbelincks est une réussite. Ses collections s'étendent aussi, et Denis Gielen ne désespère pas à long terme pouvoir créer un lieu d'exposition permanente des œuvres du Mac's. 

En attendant, il maintiendra donc le rythme de trois expositions par an. La première sera consacrée à l'artiste liégeois Jacques Charlier. "Je pensais que j'avais avais besoin de cette petite dose de vitamine, de consommer du Jacques Charlier, un artiste qui pose un regard autocritique et ironique sur le monde de l'art, ce monde où on incite les artistes à toujours répéter la même chose dès lors que ça marche, ce monde où l'artiste est parfois surexposé médiatiquement ou passe sous le radar des média. J'ai pensé que c'était important pour commencer d'avoir ce regard critique sur le monde de l'art." L'année 2016 se poursuivra avec une une expo en provenance du musée d'art contemporain de Marseille puis une expo qui tournera autour du rock, de la science-fiction et de l'art. Le rock, une autre passion de Denis Gielen.

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