Démissions d'élus PTB à la ville de Bruxelles: comment l'expliquer?

L'affaire fait grand bruit au sein du PTB de la de Bruxelles. Ce lundi, trois de ses conseillers ont démissionné. Ils dénoncent un "manque de transparence" et de "considération". Des démissions dues à la logique interne du parti selon l'observateur politique Pascal Delwit. 

Ils s'appellent Zahour Loulaji, Abdelmajid Tahiri et Said Talbi. Tous les trois étaient jusqu'à hier conseillers communaux PTB à la ville de Bruxelles. Mais ça, c'était avant le conseil communal d'hier. Dans une brève élocution ils ont précisé: "nous avons décidé de quitter officiellement le PTB et de siéger dorénavant en tant que conseillers indépendants sur les bancs de la majorité". Dans un communiqué, les trois élus ont ajouté: "nous déplorons ensuite le manque total de transparence, de consultation et de dialogue interne du PTB. Nous condamnons fermement le manque de considération et le mépris à notre égard. Nous n'étions invités à aucune réunion et préparation du conseil communal, ne pouvions jamais donner notre avis et devions nous taire. Nous avions le sentiment de n'être que 'des pions'".

Des démissions dues à un PTB trop centralisé

Les démissions se succèdent au PTB depuis les dernières élections communales. Rien qu'à Bruxelles, cinq élus ont déjà quitté les rangs du parti. Un à Forest, un à Molenbeek-Saint-Jean et désormais trois autres à la ville de Bruxelles. 

Pour Pascal Delwit, professeur de sciences politiques à l'ULB, "ce n'est pas la première fois depuis les élections d'octobre pour le PTB que des conseillers communaux présentent leur démission". 

Des démissions liés à une forme de désillusion, c'est en tout cas l'une des raisons évoquées par les démissionnaires bruxellois. Une désillusion qui s'explique par la logique interne du parti. "Un certain nombre de gens ont rejoint les listes du PTB avec une certaine image du parti et une certaine image de ce qu'ils pourraient faire à l'échelle locale. Lorsqu'ils ont été élus, ils se sont rendus compte de la dynamique interne du PTB qui reste un parti très centralisé", explique Pascal Delwit. 

Selon lui, "ça reste un parti très marqué par la logique top-down c'es-à-dire que les propositions et les décisions viennent d'en haut et la base les applique. Donc si vous espérez apporter beaucoup dans le processus décisionnel il peut y avoir une confrontation à la réalité qui est compliquée pour les nouveaux élus et les nouveaux militants". 

Quelles conséquences sur la campagne?

Selon Pascal Delwit, le PTB est loin d'être le seul parti politique à subir des démissions en son sein. En témoigne les récents départs de certain MR vers la liste d'Alain Destexhe. "Il n'y a pas de particularité liée au PTB par rapport à la démission de membres du parti. Il est régulier que des conseilleurs communaux quittent les rangs de leur parti durant une campagne électorale". 

Cependant, certaines conséquences sont à craindre sur une partie des électeurs, "ça peut décourager certains électeurs qui hésitent à voter pour le PTB".

 

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