Demander de l’aide pour se nourrir : la précarité étudiante augmente à Namur

Jusqu’à présent j’arrivais à me débrouiller pour manger. Là, ça commence à être plus compliqué. J’ai certes un peu d’argent de mes parents mais cela ne suffit plus pour tout ce que je consomme.” Lison, étudiante en première année sage-femme, pousse pour la première fois les portes de l’épicerie solidaire de Namur, la Solidarithèque. Et elle n’a pas la seule dans cette situation, de plus en plus d’étudiants demandent de l’aide pour se nourrir. 

La  Solidarithèque est gérée par l'UNamur, la Haute école de la Province et la Haute Ecole Albert Jacquard. Elle est accessible à tous les étudiants namurois de l'enseignement supérieur. Depuis son ouverture en octobre dernier, le nombre d'étudiants qui viennent s'y approvisionner ne cesse d'augmenter 

Un panier pour 4 euros

Après inscription et sur base d’une présentation de la carte étudiante, Lison se voit remettre un panier. “Il y a des légumes et du pain. Des aliments de base qu’elle a de plus en plus de mal à se procurer par elle-même. Alors, pour la somme de quatre euros, Lison reçoit un sac garni d’invendus fournis entre autres par des supermarchés.

Pour Isabelle Mertens, du service social de l’UNamur, cette précarité étudiante est un dommage collatéral de la crise sanitaire. Il y a des étudiants qui financent en partie ou en totalité leurs études et qui les finançaient en grande partie avec des jobs. Il y a aussi des familles qui sont impactées par la crise, notamment par le chômage ou une faillite et qui ont eux aussi moins d’argent à donner à leurs enfants pour financer leurs études, explique-t-elle.

La peur de demander de l’aide

De nombreux étudiants hésiteraient encore à demander de l'aide, selon Laura Dumont, coordinatrice de l'ASEB, l'association pour la solidarité des étudiants. Elle encourage les étudiants à franchir le pas : A un moment, il faut pouvoir se dire qu’on a besoin d’aide même si c’est pour une semaine, un mois. Il y aura toujours plus pauvre et il y aura toujours plus riche. Et si ça ne va pas, il faut faire appel à l’aideRien que depuis le 1er janvier, près de 2000 étudiants ont déjà reçu au moins une fois de l'aide alimentaire. C'est déjà autant que sur toute l'année 2020. 

Un comité de concertation se penchera demain sur cette précarité étudiante. Il sera notamment question de "salaire étudiant" pour les étudiants jobistes à l'arrêt.  

 

Les difficultés des étudiants: JT 01/02/2021

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