Demande de détention limitée de Lecrenier: les parties civiles se retirent

Demande de détention limitée de Lecrenier: les parties civiles se retirent
Demande de détention limitée de Lecrenier: les parties civiles se retirent - © RTBF

Me Dominique Remy, l'avocat des proches des victimes de Rémy Lecrenier, quadruple meurtrier de Bas-Oha (Wanze) a indiqué jeudi à l'agence Belga avoir envoyé mercredi une lettre au président du tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles siégeant à la prison d'Andenne, ainsi qu'aux membres de celui-ci pour leur annoncer que ses clients ne s'associent plus aux procédure de demande de libération de Rémy Lecrenier.

Le 27 janvier dernier, le tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles siégeant à la prison d'Andenne a décidé d'accorder quatre permissions de sortie, de huit heures maximum par jour, notamment en vue d'un suivi thérapeutique ou d'une recherche d'emploi, à Rémy Lecrenier, le quadruple meurtrier de Bas-Oha condamné par la cour d'assises de Liège à la prison à perpétuité.

Mercredi, à la veille de la comparution de Rémy Lecrenier devant le TAP dans le cadre de sa demande de détention limitée, l'avocat des parties civiles a transmis un courrier au président du TAP et aux membres de celui-ci pour leur annoncer que ses clients ne comptaient plus s'associer à la procédure.

"Même quand elle s'est constituée partie civile, la victime n'est légalement concernée ni par la détermination de la nature et du taux de la peine ni par son exécution", avait motivé la cour de cassation dans son arrêt du 11 mars dernier, en rejetant le pourvoi introduit par les parties civiles qui s'opposaient aux permissions de sortie. "En effet, le droit de requérir l'une et l'autre, comme celui d'exercer d'éventuels recours judiciaires contre les décisions qui s'y rapportent, relèvent, non de l'exercice de l'action civile, mais des compétences du ministère public. Représentant tous les intérêts de la société, celui-ci a pour mission de veiller notamment à la protection des victimes. Bien qu'elle ait le droit d'obtenir certaines informations relatives à la procédure et soit entendue à l'audience du tribunal de l'application des peines, la victime n'est pas partie devant cette juridiction."

Ainsi, selon Me Dominique Remy, le conseil des parties civiles, "il résulte de la teneur de cet arrêt, ainsi que de votre jugement du 27 janvier, que mes clients n'ont plus aucun intérêt à suivre les prochains débats qui doivent encore se dérouler devant votre juridiction dès lors qu'il est dit pour droit que les victimes ne sont pas parties devant le TAP; qu'elles ne sont pas légalement concernées ni par la détermination de la nature et du taux de la peine, ni par son exécution; et que représentant tous les intérêts de la société, le Ministère Public a pour mission de veiller à la protection des victime", écrit-il au TAP.

"En d'autres termes, il faut malheureusement constater que la loi du 17 mai 2006 - telle que rédigée et interprétée actuellement - constitue un véritable leurre pour les victimes en leur laissant à penser que leur intérêt légitime - par rapport à ce qui se passait précédemment - serait pris en compte par le Tribunal de l'Application des peines alors qu'il n'en est à l'évidence rien", s'indigne par écrit Me Remy, qui ajoute qu'"il appartiendra dès lors au Ministère Public de veiller en l'espèce (et comme le rappelle la cour de cassation) à la protection des victimes et singulièrement à celle de mes clients - seuls survivants du carnage perpétré par le condamné Lecrenier."

Belga

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