Délocaliser en partie l'aéroport de Zaventem: pas pour tout de suite

Quand l'implantation de l'aéroport de Bruxelles a été confirmé dans les années 50, personne n'imaginait que le trafic aérien allait se développer comme aujourd'hui. A l'époque, les nuisances n'étaient pas un critère de choix. Mais à la fin des années 80, quand il a été décidé de redévelopper l'aéroport, il y a clairement eu un manque de vision. Frédéric Dobruszkez, professeur à l'ULB et directeur du centre inter-universitaire d'étude de la mobilité :

"Peut-être pas un manque de vision sur l’évolution du trafic aérien puisqu'on a tout fait pour permettre l'augmentation du trafic depuis Zaventem. Quand l'Etat s'est rendu compte que l'aéroport était complètement saturé et que les terminaux ne permettaient pas d'accueillir plus de passagers, l'Etat a veillé à ce que l'on redéveloppe un nouvel aéroport. Par contre on n'a pas été visionnaire sur les conséquences environnementales pour la population".

Et aujourd'hui, il faut donc faire avec. Vu les investissements consentis et pas encore amortis et les stratégies économiques développées par la Flandre autour de cet aéroport, il n'y aucune chance qu'il soit délocalisé, en tout cas, à court ou moyen terme "d'autant que l'on a privatisé en bonne partie cet aéroport et que donc le relocaliser implique de s'entendre avec les propriétaires privés et au besoin, de les exproprier, ce qui va rajouter aux coûts de la construction d'un nouvel aéroport", poursuit Frédéric Dobruszkez.

Mais quand bien même cette question du coût serait réglée, il faudrait trouver un lieu qui agrée toutes les entités fédérées. Un casse-tête qui, dans le contexte institutionnel actuel, paraît aujourd'hui insoluble.

Pierre Vandenbulcke

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