Dégâts aux cultures : "Avant, c'était de temps en temps, maintenant, c'est quasi tous les ans"

Une centaine d'agriculteurs ont remis un dossier à la commission des dégâts agricoles de Soignies.
2 images
Une centaine d'agriculteurs ont remis un dossier à la commission des dégâts agricoles de Soignies. - © Pierre Wuidart - RTBF

La sécheresse a évidemment des conséquences sur l'agriculture. Pommes de terre, herbes fourragères, maïs... ces cultures donneront moins de rendement cette année. Pour les exploitants, c'est le moment de faire une première estimation des pertes et de la déclarer à la commune. Vendredi matin, dans la salle du conseil de Soignies, la commission des dégâts agricoles recevait les déclarations.

Michel Thienpont habite Braine-le-Comte, "mais j'ai des terres à Soignies. Je dois aller dans différentes communes déclarer mes dégâts. Toutes les cultures sont touchées, mais surtout les cultures de printemps. Le lin, les chicorées, les betteraves, les pommes de terre et surtout le maïs..."

Le Fonds des Calamités pourrait intervenir

Ce qui le frappe avant tout, c'est que les situations climatiques exceptionnelles se répètent de plus en plus fréquemment. "Avant, c'était de temps en temps qu'on faisait un constat de dégâts. Maintenant, c'est quasi tous les ans. Et j'espère bien que le Fonds des Calamités pourra de nouveau être activé".

Outre la possibilité d'obtenir une indemnité de ce Fonds, le dépôt d'un dossier à la commune permet aux agriculteurs de déduire fiscalement ces pertes. Francis Tirant, agriculteur de Louvignies, est venu déclarer 40% de pertes à ses pommes de terre. "Pour mes petits pois aussi, c'est une perte de 40 à 50%. Certains plants ont levé, s'il se trouvaient dans une zone plus argileuse. D'autres pas.

"Il n'y a plus rien sur les prairies"

Mais le pire, ce sont les prairies. "Il n'y a plus rien à manger dessus depuis au moins un mois. Le soir, je lâche les vaches après la traite. Tout de suite après, elles reviennent déjà pour manger. On doit déjà leur donner l'herbe qu'on a récolté au printemps..." Un stock constitué en théorie pour alimenter le bétail en hiver.

"C'est vraiment ça le gros bémol", estime Louis-Philippe Borremans, lui-même agriculteur et échevin de l'agriculture à Soignies. "Il va y avoir un gros souci plus tard dans l'année. On va certainement avoir une vente massive de bovins, une diminution du cheptel, ou alors avoir des animaux moins bien nourris". 

Une assurance contre les aléas du climat

Environ 250 agriculteurs exploitent au moins une parcelle à Soignies. Une commune dont 80% du territoire est en zone agricole. Face aux dégâts causés par la météo, Michel Thienpont a opté pour une assurance climatique cette année. "Ça me permettra d'avoir de belles compensations. Mais c'est un peu comme jouer à la loterie. On ne gagne pas à tous les coups et ça n'est pas donné."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK