Déconfinement : des conducteurs de la STIB ont-ils été verbalisés pour non-port du masque ?

Des agents de la STIB qui n'ont pas porté de masque auraient été verbalisés.
Des agents de la STIB qui n'ont pas porté de masque auraient été verbalisés. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Depuis ce lundi 4 mai, le port du masque est obligatoire dans les transports en commun. Obligatoire pour tous les voyageurs, dès l’âge de douze ans. Obligatoire également pour les conducteurs des véhicules. A Bruxelles, les agents de la STIB, qu’ils opèrent dans un tram, un bus ou un métro, doivent également se couvrir le nez et la bouche pour éviter la propagation du coronavirus.

Trois cas de source syndicale

Mais voilà, certains "Stibiens" n’ont pas suivi les consignes à la lettre. Ils auraient été verbalisés par les forces de l’ordre. Selon un message de source syndicale diffusé sur Whatsapp, "il y a déjà plusieurs agents qui ont déjà reçu des amendes pour non-port du masque pendant la conduite". Une source syndicale haut placée et interrogée par la RTBF évoque "trois verbalisations". Pour chaque conducteur en infraction, une amende de 250 euros !

L’arrêté royal est très clair

Françoise Ledune, porte-parole de la STIB, n’a pas connaissance de ces verbalisations. Mais "c’est tout à fait possible", réagit-elle. "Nous avons dit au personnel qu’il était tout à fait possible que des agents soient verbalisés pour absence de masque. L’arrêté royal est très clair : le port du masque est obligatoire dans les transports en commun, pour tout le monde. La police a donc le droit de verbaliser celui qui n’en porte pas. Enfin, il faut préciser qu’à défaut, l’arrêté royal dit que les agents peuvent porter un foulard ou une écharpe ou tout ce qui couvre le nez et la bouche."

Le parquet de Bruxelles, que nous avons également sollicité, n’a pas pu retrouver trace de ces différents procès-verbaux.

Le masque est inconfortable et gêne pendant la conduite

Toujours est-il qu’au sein de la STIB, la grogne monte. Plusieurs éléments ont été remontés auprès de la direction, notamment quant au port du masque. Une source CGSP, explique que "pour un conducteur, il est difficile de garder son masque huit heures. La plupart étaient demandeurs au départ. Aujourd’hui, celui-ci présente des inconvénients" pour boire, manger, pour respirer, lors d’une pause cigarette dit le syndicaliste. Pour un CSC, "le masque est inconfortable et nous gêne pendant la conduite".

Depuis la mise en place des mesures de confinement et l’interdiction de monter à l’avant ou d’acheter son ticket à bord, le conducteur est isolé, dans sa cabine. Il pourrait donc, réclament les syndicalistes, être exempté du port du masque.

Droit de retrait dès lundi et perturbations à craindre ?

Plusieurs agents craignent également la reprise du travail, le lundi 18 mai, avec la réouverture progressive des commerces. Certains pourraient faire valoir un droit de retrait. De quoi s’agit-il ? D’un droit individuel pour tout travailleur à quitter son poste en cas de "danger grave et imminent". Le travailleur est protégé et ne peut pas être licencié. Le coronavirus crée un contexte qui permet, selon certaines spécialistes du droit du travail, d’utiliser cette option.

Les agents veulent, outre la possibilité de ne pas porter de masque, plus de contrôles visant les voyageurs, une limitation du nombre de passagers dans les véhicules, la fin des services coupés jusqu’à fin mai, une désinfection plus fréquentes des véhicules ou encore une prime en faveur des agents qui ont pris le volant tout au long du confinement. "Tous les délégués soutiennent les agents et ces revendications, les syndicats les ont relayés à la direction, sans succès", dit un intervenant syndical.

Le droit de retrait n’est pas prévu dans nos conventions

"Le droit de retrait n’est pas prévu dans nos conventions", explique Françoise Ledune, porte-parole de la société. "Le 30 mars, un protocole a été signé par les trois syndicats quant à un retour progressif de l’exploitation du réseau. Tout cela s’est fait en concertation. Quant au port du masque, c'est une obligation du Conseil national de Sécurité. Aucune souplesse n'est possible. Nous comprenons que ce ne soit pas évident au quotidien. Mais d'autres professions sont également concernées dans les soins de santé par exemple."

Du côté de la direction de la STIB, on nous souffle que le public ne comprendrait pas que l’offre de transports en commun à Bruxelles ne revienne pas à la normale ou presque avec la mise en place de la nouvelle phase de déconfinement.

Lundi 11 mai, le risque de "débrayages" n’est pas à exclure. Les agents demandent à être protégés et à "protéger les voyageurs", contre le coronavirus.

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