Déconfinement : comment l'intelligence artificielle régule le trafic clients en magasin

Laure Uytdenhoef, co-fondatrice et CEO de la start-up brabançonne wallonne Piximate
2 images
Laure Uytdenhoef, co-fondatrice et CEO de la start-up brabançonne wallonne Piximate - © RTBF

Une régulation automatique du trafic "clients" dans les magasins : voilà ce que propose une start-up du Brabant wallon, pour sécuriser le déconfinement. Cet outil d’intelligence artificielle sera testé tout prochainement dans une série de magasins d’une coopérative d’alimentation bio.

Un totem vigile

L’engin qui sera posté à l’entrée des magasins concernés aura l’allure d’un totem équipé d’une ou plusieurs caméras intelligentes pour compter le nombre d’entrées et de sorties de clients. Le système affiche le nombre de clients présents, ainsi que d’autres informations utiles. Il est informatisé et fonctionne de manière autonome. "Grâce aux algorithmes que nous avons mis au point, le système analyse les images en direct et les traite automatiquement", explique Laure Uytdenhoef, cofondatrice et CEO de la start-up brabançonne.

Big Brother

La start-up l’assure : pas question de mettre en place une sorte de flicage ! "Il n’y a pas d’enregistrement. Les données ne sont pas transférées vers l’extérieur. Le système fonctionne de manière locale". Il calcule automatiquement le nombre maximum de clients autorisé simultanément, en fonction des critères liés à la distanciation sociale. Les autorités exigent une surface de 10 mètres carrés par personne. Le dispositif peut aussi traiter d’autres données, comme la durée d’attente. Les algorithmes peuvent même traiter des données relatives à l’âge, au sexe des personnes, etc. "Mais nous respectons scrupuleusement les différentes législations en matière de respect de la vie privée", précise la jeune entrepreneuse.

Perspectives

Depuis quelques années, à Louvain-la-Neuve puis à La Hulpe, la jeune entreprise développe des systèmes intelligents de collecte et de traitement automatisé de données à partir d’images captées par des caméras. Elle a notamment travaillé avec la gendarmerie nationale française.

Aujourd’hui, elle se focalise principalement sur l’analyse intelligente pour le retail (commerce de détail). Et c’est en adaptant ses algorithmes qu’elle propose aujourd’hui un outil utile aux mesures liées au déconfinement. Une coopérative de magasins bio sera la première à tester le fameux totem dans quelques jours.

"Pour nous, c’est important de pouvoir assurer le respect des dispositions de sécurité sanitaire sur le moyen terme", explique Jean-David Couderc, directeur opérationnel de cette coopérative qui s’apprête à ouvrir un quinzième magasin d’alimentation bio. "Cet outil va nous faciliter la tâche".

Vigilance pour l’emploi

Mais cette forme de robotisation ne risque-t-elle pas de pousser les gérants de commerces à se passer des vigiles qui veillent au bon grain à l’entrée des magasins ? "Je pense que cela dépendra des magasins", explique Jean-David Couderc. "Les vigiles sont importants pour la sécurité. Mais pour certains commerces qui n’ont pas les moyens de payer les services d’un vigile, il sera peut-être tentant d’utiliser le totem". Un totem intelligent qui a tout de même un coût. "Nous proposons une location mensuelle qui débute à mille euros", souligne Laure Uytdenhoef. "Avec une option d’achat. Nous avons déjà d’autres commerces qui ont manifesté de l’intérêt. Nous sommes prêts à fournir nos solutions en quelques jours".

Quelques concurrents, principalement à l’étranger, proposent des solutions plus ou moins similaires. Des sociétés qui pourraient surtout vendre, après la crise sanitaire, des solutions axées principalement sur le marketing.


 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK