Déconfinement à Bruxelles : le vice-président PS de la STIB se range du côté des chauffeurs

Le PS demande à la STIB d'entendre les revendications du personnel.
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Le PS demande à la STIB d'entendre les revendications du personnel. - © THIERRY ROGE - BELGA

Cela fait trois jours qu’une partie du personnel de la STIB fait valoir son droit de retrait. Des chauffeurs de bus, trams et métros estiment ne pas être en sécurité à bord de leurs véhicules, depuis la reprise des transports publics le 4 mai et l’entrée en vigueur de la nouvelle phase du déconfinement du pays le lundi 11 mai. Aujourd’hui, le PS, premier parti à la Région bruxelloise a décidé de les soutenir.

Ces demandes sont légitimes dans la crise sanitaire actuelle

Lotfi Mostefa, vice-président PS du conseil d’administration de la STIB, déclare à la RTBF "soutenir les revendications de notre personnel. Ces demandes sont légitimes dans la crise sanitaire actuelle. La santé de nos équipes doit primer sur toute autre considération."

Que dénoncent aujourd’hui plusieurs membres du personnel de la société des transports en commun bruxellois ? Le retour à la normale du service, une augmentation de la fréquentation et "l’absence totale de distanciation sociale entre les voyageurs" qui "va également contribuer à propager le virus, avec le risque de contaminer les agents de conduite et les voyageurs".

"Les effectifs pour contrôler le respect de l’obligation du port du masque dans nos bus, trams, métros sont insuffisants, des chauffeurs ont été agressés en tentant de faire respecter cela", dit encore le personnel dans son courrier faisant valoir son droit de retrait. Ce n’est tout. Le personnel ajoute : "Les services coupés et les remplacements sur ligne constituent un trop grand danger et ne doivent pas être remis avant au moins fin mai ! Les véhicules STIB ne doivent pas circuler du matin au soir sans nettoyage et désinfection en cours de journée, tant pour notre personnel que pour les voyageurs."

Un nombre de passagers maximal par véhicule comme au TEC

Pour Lotfi Mostefa, "des mesures de limitation du nombre de passagers dans les véhicules ont été prises durant le confinement. Le personnel déplore notamment que de telles mesures aient été abandonnées alors que la crise sanitaire n’est pas terminée. Le personnel veut être entendu." Même si, admet le vice-président de la STIB, "il faut trouver un accord permettant aux usagers de bénéficier d’un service de qualité". En d’autres termes, qui répond à la hausse de la demande.

"Les revendications de notre personnel sont les suivantes", ajoute Lotfi Mostefa, "Supprimer les services coupés pendant la période Covid ; annuler tous les remplacements sur ligne ; limiter le nombre d’usagers dans les véhicules". Pour lui, "nous pouvons également prendre exemple sur nos collègues du TEC" en Wallonie avec une limitation du nombre de voyageurs à bord : 12, 19 ou 20 passagers maximum en fonction de la taille du véhicule. Objectif : limiter la distance sociale. "Pourquoi ce qui est possible au TEC n’est pas possible à la STIB ?"

Huit cas positifs à la STIB

"Malgré le déconfinement progressif", ajoute Lotfi Mostefa, "le Covid-19 est toujours présent et huit cas ont déjà été constatés à la STIB. On ne peut pas faire comme si le virus avait disparu. Un maintien de la distance sociale et de la limitation du nombre de places dans nos véhicules est également un gage de sécurité pour nos clients. La sécurité de la clientèle et celle de nos équipes doivent être la priorité pour la STIB."

Et d’ajouter : "La santé du personnel doit primer sur la rentabilité de la société qui, je le rappelle, est une société publique dont le but est d’offrir un service aux citoyens et non de courir derrière la rentabilité coûte que coûte."

Ce mardi, en comité de gestion de la société, le PS a proposé "de s’inspirer de l’exemple français où des dispositifs de distribution de gel hydroalcoolique ont été mis en place tout au long du réseau de la RATP afin de permettre aux usagers de se désinfecter les mains assez rapidement".

Le PTB et son plan alternatif

Le mouvement de grogne à la STIB est depuis le premier jour soutenu politiquement par le PTB. Le député régional Youssef Handichi, lui-même ancien travailleur de la société, est notamment apparu aux côtés du personnel dans un dépôt de bus.

Dès le 6 mai, le Parti des travailleurs de Belgique avait présenté un plan alternatif "pour maintenir un plan de distanciation sociale" à la STIB. Le PS, par la voie du vice-président de la société, se positionne désormais publiquement face au PTB.

Contactée, la direction de la STIB réagit en quelques mots. "Un conseil d’administration s'est tenu mardi et a été très clair: on ne touche pas à l'offre de transports", indique Françoise Ledune, porte-parole. 

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