Déchets ménagers: la production des Bruxellois repart à la hausse

Déchets ménagers: la production des Bruxellois repart à la hausse
Déchets ménagers: la production des Bruxellois repart à la hausse - © Tous droits réservés

Le Bruxellois a produit plus de déchets ménagers en 2018 qu'en 2017. On parle ici des sacs blancs. Une augmentation de 4 %. A vrai dire, rien de dramatique, parce que la tendance générale depuis plusieurs années est à la baisse. Mais les objectifs européens sont ambitieux et la région bruxelloise est à la traîne par rapport aux deux autres régions. 

Une hypothèse fragile 

Le calcul le plus simple, ce serait de se dire que comme la population bruxelloise augmente d'année en année, ce n'est pas si surprenant de voir la production de déchets augmenter elle aussi. Mais pour Bruxelles Propreté, le raisonnement ne tient pas la route: " Cette population augmente en moyenne d'à peu près 9.000 habitants par an. Mais c'était déjà le cas les années précédentes. Donc cette explication ne tient pas la route" explique le porte-parole de Bruxelles-Propreté Etienne Cornesse." Il faut attendre les résultats de 2019 pour voir si c'est juste accidentel ou pas. On parle d'une augmentation de 4 %, c'est pas énorme sachant que l'on est toujours en deçà des tonnages précédents". En tout, 188.000 tonnes de déchets ménagers en 2018 contre 182.000 en 2017.  

Pas vraiment d'explication donc du côté de Bruxelles-Propreté. Bruxelles Environnement émet elle une hypothèse, fragile: "peut-être une augmentation légère du pouvoir d'achat, et donc de la consommation de produits et en cascade, de production de déchets? " s'interroge Céline Schaar du département déchets. "Mais globalement, la tendance est à la baisse. On a eu en 2016 une forte augmentation de 40.000 tonnes qui s'est ensuite résorbée. Par essai-erreur, on va vers la baisse". 

Une marge de progression importante 

Reste que les objectifs européens sont ambitieux. En 2020, les Bruxellois devront trier 50 % de leurs déchets. On est à 43%. Bruxelles-Propreté reste optimiste: " parce que quand on sait que 40-45 % des déchets du sac blanc sont des déchets alimentaires, il est évident qu'en promouvant le tri de ces déchets et en le rendant obligatoire en 2023, on peut espérer atteindre ces objectifs. Sachant que pour les autres fractions, nous sommes dans des fractions matures, c'est à dire qu'on les trie depuis 2010 donc la marge de progression est moins importante". 

"On sait que la réduction est possible", embraie Céline Schaar de Bruxelles Environnement. "On accompagne des challengers depuis l'année dernière dans le cadre d'un challenge zéro déchets. Par rapport à la moyenne de déchets tout venants qui est de 170 kilos/habitant/an, les challengers après un an d'accompagnement parviennent à ramener cette moyenne à 43 kilos, à destination du sac blanc. Donc la marge de progression est énorme." 

En 2020,la deuxième édition du challenge va sélectionner 180 Bruxellois aux profils variés. Ils vont bénéficier d'un accompagnement personnalisé. 

Une étude pour mieux comprendre ce qui freine le tri à Bruxelles 

Par ailleurs, Bruxelles Environnement commence une étude de large envergure en collaboration avec Bruxelles Propreté et d'autres acteurs comme Fost Plus, Brulocalis, Recupel et Ressources. Elle vise à comprendre pourquoi le geste de tri des ménages bruxellois est relativement inférieur aux deux autres régions. " avec une enquête fine et sur le terrain. La région Bruxelloise a un terreau unique avec un pourcentage de non-résidents, de résidents temporaires, des personnes qui ne parlent pas la langue. Une multiculturalité assez unique au monde. Et donc notre objectif, c'est d'aller enquêter auprès des citoyens et dans le panel de diversité pour comprendre les raisons pour lesquelles ils ne trient pas, quels sont leurs besoins. Cela nous permettra d'adapter ensuite les schémas de sensibilisation de collecte, voire les infrastructures".

Une augmentation des prix des sacs poubelles? 

En région bruxelloise, on préfère donc miser sur l'incitation, l'information, la sensibilisation. "Ces campagnes de sensibilisation et d'information vont monter en puissance. On va continuer à investir et à subventionner le système de  compost de quartier, l'accompagnement et l'aide aussi pour expliquer aux Bruxellois comment on fait pour composter, chez soi ou dans le cadre de compost collectifs", développe Alain Maron, le ministre bruxellois de l'environnement et de la propreté. 

Il est prévu d'installer plus de parc à conteneurs aussi. Le ministre de l'environnement s'est déjà dit favorable au projet d'usine de bio méthanisation.

Les autres régions, flamande et wallonne, ont elles appuyé leurs mesures par une augmentation du prix des sacs destinés aux déchets ménagers, pour inciter au tri. " Mais ce qui est clair, c'est qu'en région bruxelloise, ce n'est pas prévu. Pour le moment les différents sacs plastiques, quels que soient leurs couleurs, sont vendus à prix coûtant, c'est à dire que la région ne ponctionne aucune taxe ou redevance dessus.

L'accord de majorité ne prévoit pas que l'on fasse payer le sac blanc. Contrairement à ce qui se passe en région flamande et région wallonne. Là-bas, ces sacs sont payants et de manière progressive. On paie très peu pour la première quantité de déchets puis de plus en plus. Ce n'est pas prévu à Bruxelles. Mais il faudra réexaminer à l'avenir si nous n'arrivons pas à augmenter le tri par nos mesures incitatives et d'aide. Il faudra examiner d'autres types de mesures et éventuellement de faire payer les déchets non triés. Mais pour le moment ce n'est pas prévu". 

Par ailleurs, les ménages bruxellois sont loin d'être les seuls responsables de la production de déchets à Bruxelles. Selon des chiffres de 2017 qui viennent de Bruxelles Environnement, cela représente environ 20 % du total, derrière donc le secteur de la construction et les entreprises publiques et privées. 

 

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