Décès de deux ouvriers sur un chantier à Hyon: suspension du prononcé pour Interconstruct

La quatrième chambre correctionnelle de la Cour d’Appel de Mons a prononcé, mercredi, une suspension du prononcé de la condamnation pour une durée de trois ans en faveur de la société Interconstruct, responsable de la mort de deux ouvriers sur le chantier des Chaufours à Hyon. Pour la cour, les deux ouvriers ensevelis sous la terre n’ont commis aucune faute. 

Le 28 avril 2011, Julien Père (20 ans) et Cédric Maton (30 ans) sont morts ensevelis sous plusieurs tonnes de terre. Alors que des trombes d’eau tombaient sur le chantier, les ouvriers n’avaient pas été mis en congé pour intempéries. Ils se trouvaient dans une fouille de plus de quatre mètres alors qu’une grue de 35 tonnes circulait sur les tas de terre qui entouraient la fouille. Cette grue était conduite par un homme qui ne disposait pas d’un brevet pour conduire un tel engin. Les vibrations et la pluie ont entrainé un éboulement de la terre argileuse sur les deux ouvriers. L’un est mort par asphyxie, l’autre d’un traumatisme crânien. 

L’accident a permis à l’Auditorat du travail de mettre le doigt sur plusieurs lacunes. La société Interconstruct, mandatée par le maître d’ouvrage pour effectuer des travaux de terrassement, n’avait pas de plan de sécurité et n’avait pas évalué les risques d’accident quand elle a confié les travaux au groupe Gobert, lequel a sous-traité le chantier à sa filiale Mazzucato. 

Pour la Cour, la faute la plus grave incombe à la société Interconstruct "laquelle devait s’enquérir des risques et mettre en place un plan de sécurité". Elle est donc responsable d’un double homicide par défaut de prévoyance ou de précaution. 

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