Pour le Ministère public, la noyade d'Emeric n'est pas une fatalité

L'accident était survenu le 23 septembre 2009, au Point d'Eau à La Louvière
L'accident était survenu le 23 septembre 2009, au Point d'Eau à La Louvière - © Tous droits réservés

Emeric, c'est ce petit garçon de 5 ans, décédé en septembre 2009 à la piscine de La Louvière. L'enfant, souffrant d'autisme, était à la piscine avec son école. Pour des raisons encore inexpliquées aujourd'hui, l'enfant s'est retrouvé dans une lagune technique, normalement inaccessible au public, et il est mort noyé.

Huit personnes comparaissent aujourd'hui. Trois institutrices de l'école, la directrice de cette école, le directeur de la piscine, le maitre-nageur se retouvent sur le banc des prévenus. La régie communale autonome, qui gère le point d'eau, et l'école "le piolet" que fréquentait le jeune garçon sont également citées à comparaître. Ils comparaissent pour homicide involontaire par défaut de prévoyance.

Pour l'avocat des parents, David Gelay, qui s'est également constitué partie civile pour les trois autres enfants du couple, c'est un moment important pour la famille: "c'est un moment vraiment craint, mais qui en même temps va permettre aux parents de commencer à pouvoir faire leur deuil car ils ont vécu avec souffrance toute la procédure".

Aujourd'hui encore lorsque les parents prennent connaissance des conclusions des avocats de la défense "et c'est à nouveau très dur pour eux, ils sont stupéfaits par ce qu'ils lisent. Chacun se renvoie la balle et refuse de prendre ses responsabilités. Alors qu'à mon avis, chacun des prévenus a une part de responsabilité"

A titre de dommage moral, Maître Gelay réclame 75.000€ pour chacun des parents, 25.000€ pour chacun des trois enfants et le remboursement des frais funéraires.

Selon le Ministère Public, tous les prévenus ont commis des fautes et se sont montrés coupables de négligences, manque de prévoyance et de surveillance.  Pour lui, on ne peut en aucun cas parler d'une fatalité. Le ministère public ne s'oppose pas à ce que les institutrices et puéricultrices bénéficient de la suspension du prononcé -ce qui leur évite une peine au pénal- mais réclame des peines pour les deux personnes morales (régie communale autonome et l' école "le Piolet"), ainsi que pour les deux directions (piscine et école).  Toujours selon le Ministère Public, il faut que les leçons soient tirées, afin que les écoles et organisations sportives remettent en question leur système de surveillance et évitent que de pareils drames se reproduisent.

Comme le tribunal a pris de l'avance dans la procédure, les plaidoiries de la défense initialement prévue le 19 novembre, ont pu débuter ce matin avec la plaidorie de l'avocat de la défense de l'asbl "Le Piolet".

Le jugement est attendu en décembre.

Manu Delporte, Charlotte Legrand

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