Début du procès de deux détenus preneurs d'otages à la prison d'Andenne

La prison d'Andenne (photo d'illustration)
La prison d'Andenne (photo d'illustration) - © Belga

Ouverture, ce mardi matin, du procès de deux détenus qui avaient tenté de s’évader de la prison d’Andenne, en avril dernier. Ils avaient blessé plusieurs gardiens et s'étaient fait ouvrir les grilles de la prison en prenant, notamment, une surveillante en otage. Deux agents qui, 10 mois après les faits, sont toujours en incapacité de travail. Les deux agents pénitentiaires se sont constitués parties civiles dans ce dossier.

Près d'un an après leur agression, les deux gardiens restent marqués. Lui, a reçu un coup de couteau à quelques centimètres de l'oeil gauche. Elle, a dû marcher de longues minutes sous la menace d'un couteau.

Pour eux, désormais il faut réapprendre à vivre au travail avec ce vécu :

"Mon psychiatre, lui, ne veut pas que je reprenne parce que j’ai trop de haine en moi. Si je reprends, au moindre problème, je crois que je rentre dans le lard".

Perception et réaction différente pour la surveillante. Elle devrait reprendre bientôt le travail dans la nouvelle prison construite à Marche :

"Le travail me manque énormément mais je ne peux pas dire que je n'ai pas une appréhension d’aller travailler. Comment est-ce que je vais être devant eux ?".

Durant de longs mois, les deux agents ont dû aussi avancer de l'argent pour se faire soigner. Idem pour préparer le procès.  Une situation vécue comme une sanction supplémentaire.

Tout cela, leur avocat respectif viendra l'expliquer lors du procès pour réclamer réparation à leurs agresseurs. Mais ils ne se font guère d'illusions, condamnés à de lourdes peines pour diverses agressions à mains armées. L'un des détenus, Christos Sagos, n'a plus désormais comme ligne d’horizon que le mur de sa cellule. Et il a déjà tenté par deux fois de s'évader.

A l’audience, ce mardi matin, on a surtout parlé des conditions de vie et de travail à la prison d’Andenne

C’est un état des lieux très sombre que l’expert Philippe Mary a dressé. La prison d’Andenne cumule une série de problèmes interpellants : désœuvrement des détenus, absence de modalité de gestion du personnel, non-respect des consignes par certains gardiens, régime des faveurs et arbitraire, climat de peur et d’insécurité, sans compter qu’un grand nombre de détenus n’ont aucune perspective de sortie. La pression est maximale.

Ce contexte peut-il expliquer certains incidents ? Et dans le cas présent, la prise d’otage avec tentative d’évasion. La question n’a pas été posée directement  mais on peut penser que la défense en fera l’un de ses arguments. Pour Maitre Nève qui défend Christos Sagos, son client savait pertinemment que sa tentative d’évasion le 8 avril 2012 était vouée à l’échec, il aurait agi de manière impulsive parce qu’il jugeait ses conditions de détention invivables.
Les plaidoiries auront lieu le 23 avril.
 
A noter qu'avant l'audience, tous les avocats se sont réunis dans le hall du palais de justice de Namur. Une minute de silence a été respectée, en hommage à Hugues Hiernaux, l'avocat pénaliste du barreau de Namur, décédé samedi.

 

RTBF

 

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