De plus en plus de plantations de cannabis découvertes dans les maisons des quartiers "chics" de Bruxelles

Ces dernières semaines, plusieurs plantations de cannabis ont été repérées dans des quartiers inattendus (illustration).
3 images
Ces dernières semaines, plusieurs plantations de cannabis ont été repérées dans des quartiers inattendus (illustration). - © ABIR SULTAN - EPA

Jusqu'ici, on les trouvait dans des hangars ou des endroits isolés… mais aujourd'hui, les trafiquants louent davantage des maisons dans des quartiers résidentiels, voire au milieu de rues commerçantes.

Pour les propriétaires, la surprise après-coup est souvent amère. Nous avons pu visiter deux de ces bâtiments transformés.

Nous sommes dans une maison récente de type "bel-étage". Quatre chambres et cuisine équipée dans un quartier résidentiel de Ganshoren.

Il y a quelques jours, près de 1000 plants de cannabis y ont été découverts. Le démantèlement de l'installation est en cours. Pendant des mois, de l'extérieur rien n'était visible. Mais à l'intérieur, tout avait été transformé, aménagé.

"On éventre des murs, on colle, on placarde, on visse, on détruit…, explique Alain Rooms-Weyn, inspecteur principal au service stupéfiants à la zone de police Bruxelles-ouest. Il y a même des structures en bois qui sont greffées sur les plafonds. Tout a été mis en place de A à Z."

 

Le propriétaire et sa famille vivaient à l'étranger, ils avaient donc loué leur maison.

Loin d'être un cas isolé

Ces dernières semaines, plusieurs plantations de cannabis ont été repérées dans des quartiers inattendus. Comme ici, dans un commerce au rez-de-chaussée d'une rue commerçante de Jette.

"C’est l’une de leurs priorités : éviter de se faire repérer ! D’ailleurs, ils volent l’électricité. Ils ne passent pas par le compteur traditionnel de la maison qu’ils louent. Par le passé, on avait des garages, des dépôts… Ici, ils se tournent plus vers le résidentiel."

Pour Michaël Jonniaux, chef de corps de zone de police Montgomery ( Woluwe saint-Pierre, Woluwe Saint Lambert, Etterbeek) il s'agit d'un déplacement d'activité. Jusque ces dernières années, on trouvait des plantations de ce type dans le Limbourg notamment, dans les zones plus isolées. Mais les nombreuses voitures immatriculées à l'étranger qui allaient et venaient, attiraient forcément l'attention du voisinage. Rien d’étonnant à ce que les trafiquants préfèrent désormais l'anonymat d'une grande ville.  IL met donc en garde les propriétaires un peu naïfs qui pourraient louer leur bien à un candidat locataire un peu trop idéal. "Ce sont de très bons payeurs, qui proposent parfois de payer le loyer en cash. Dans ce cas, attention!".

Ces plantations exigent un matériel sophistiqué mais rapporteraient gros. De quoi payer une location discrète, même dans les beaux quartiers de Bruxelles.

Images RTBF:

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK