De moins en moins d'anguilles dans nos rivières

L'anguille c'est ce long poisson en forme de serpent que l'on trouve dans nos rivières mais qui se fait de plus en plus rare. Par rapport à il y a 30 ans, on trouve 100 fois moins d'anguilles. L'espèce pourrait carrément disparaître de nos rivières. 

100 fois moins en 30 ans

C'est pourquoi l'Université de Namur s'est penchée sur le problème. Des pièges ont donc été posés dans la Meuse, mais le relevé n'est pas très enthousiasmant. "Des perches ça on en a, c'est un des prédateurs principaux de la Meuse. Mais nous aujourd'hui ce n'est pas le poisson recherché", nous explique-t-on. Car ce que cherche cette équipe de l'université de Namur, ce sont des anguilles. Mais la pêche est mauvaise et les pièges disposés ne donnent rien. Pas de trace de ce poisson mystérieux. Il faudra vider quatre filets pour trouver enfin un spécimen.

"Ici on a pris une anguille, probablement une femelle, on peut le voir à sa taille, les mâles sont plus petits. On en prenait beaucoup plus dans les années 80, maintenant on parle d'une grosse réduction du stock. On est dans une approximation d'1 pourcent du stock qui reste" explique Benoît Bernard, doctorant à l'Université de Namur.

Les civelles, un produit de luxe

Ce phénomène pourrait être du à un mode de vie extraordinaire des anguilles car à l'inverse des saumons, les anguilles adultes retournent en plein milieu de l'Atlantique pour se reproduire. Et c'est sur le chemin du retour que les choses se compliquent. Alors qu'elles reviennent coloniser nos rivières, les larves assimilées à un produit de luxe sont prélevées de nos cours d'eau. "Des prélèvements intempestifs de civelles (jeunes anguilles), qui arrivent dans les estuaires et qui remontent. Elles sont très appréciées par certaines populations, dont les populations chinoises. Et donc il y a des captures très importantes de civelles." explique le professeur Patrick Kestemont

D'autres dangers pour les anguilles

C'est un vrai parcours du combattant qui attend nos anguilles : les barrages, les écluses, la pollution... Même les centrales hydro-électriques diminuent les chances de survie de ces jeunes anguilles. "Pour les anguilles, au stade adulte quand elles décident de repartir en mer, elles doivent dévaler pour atteindre la mer et là elles sont parfois soumises à des passages dans les centrales hydro-électriques" poursuit Patrick Kestemont.

La recherche permet de mieux comprendre l'espèce, de réguler les pêches par exemple et peut-être aussi d'améliorer la situation. 43 anguilles ont été capturées lors de cette pêche. Elles retrouveront leur rivière après un marquage et des analyses. De quoi peut-être sauver ce poisson mythique de nos rivières...

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