De l'usine à la boulangerie ou au restaurant : exemples de reconversions réussies

L'un est serveur en salle, l'autre, livreur de pain à domicile. Leur point commun : tous deux ont changé de vie deux ans après leur licenciement, respectivement de chez Caterpillar à Gosselies et d'AGC à Roux. Tous deux ont été accompagnés dans une cellule de reconversion qui dresse un bilan positif : 55% des travailleurs ont retrouvé un emploi.

"Je réalise un rêve de gamin"

Mathieu Panarotto a travaillé pendant neuf ans comme ouvrier sur une chaîne d'assemblage chez Caterpillar. Aujourd'hui, sa vie est très différente de celle passée à l'usine. À Cerfontaine, son village d'origine, il s'est lancé dans la livraison de pain à domicile. Une idée qui traînait dans sa tête depuis longtemps, lui qui est issu d'une famille de boulangers : "Mon grand-père et mon parrain sont là-dedans. J'apprécie le contact avec les gens, c'est vraiment quelque chose qui m'a manqué pendant mes années à Caterpillar. En fait, je réalise un rêve de gamin", nous confie-t-il.

Son licenciement, Mathieu l'a donc vécu comme une aubaine. Visiblement, ses nombreux clients aussi. En six mois d'activité, il est arrivé à 250 personnes livrées chaque semaine, un vrai plus dans ces villages reculés où les boulangeries se font rares.

Formation et soutien en cellule de reconversion

Mais Mathieu n'a pas développé son entreprise en un claquement de doigts. Pendant un an et demi, il a été accompagné dans une cellule de reconversion organisée par le Forem, la FGTB et la CSC. Il nous explique : "La cellule m'a beaucoup aidé pour passer au statut d'indépendant. Pour remplir les papiers, entamer les démarches administratives, etc. Ils m'ont vraiment bien aiguillé".

Steve Cuypers est lui aussi passé par la cellule de reconversion. Un lieu de formation, mais aussi d'écoute et de soutien pour lui qui avait passé près de dix ans chez AGC à Roux. Le jeune travailleur nous confie : "J'étais un peu déboussolé. L'annonce de la fermeture a tout de même été un choc, il a fallu accuser le coup. Ça a créé pas mal de tensions, certaines amitiés se sont effilochées. Les responsables de la cellule nous ont permis d'accuser le coup, puis il m'ont fait faire des tests pour trouver mon orientation".

Du travail à la chaîne au restaurant

Après avoir suivi une formation en opérateur d'entrepôt, il se lance finalement dans l'horeca en ouvrant avec son associé un restaurant en plein centre de Charleroi. Un quotidien bien éloigné de l'industrie verrière. "Ça n'a vraiment rien à voir", plaisante-t-il, "je suis sorti d'un cadre ouvrier assez répétitif alors qu'ici... Ce n'est pas l'impro tous les jours, mais presque!"

Au final, donc, aucun regret ni pour Steve ni pour Mathieu. Ils espèrent tous deux réussir leur nouvelle vie.

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