De jeunes diplômés européens dénoncent les conditions de stage, proches de l'exploitation

Une cinquantaine de jeunes diplômés européens ont déplié leurs banderoles lundi au rond-point Schuman.
Une cinquantaine de jeunes diplômés européens ont déplié leurs banderoles lundi au rond-point Schuman. - © RTBF

Une cinquantaine de jeunes diplômés européens ont déplié leurs banderoles lundi au rond-point Schuman. Ils dénoncent les conditions des stages dans les institutions européennes mais aussi dans les associations et lobbys européens. De premières expériences de travail après le diplôme mais qui parfois ne sont pas ou peu payées.

Aux yeux de ces jeunes travailleurs européens, ces embauches n'ont rien à voir avec des études ou une formation, il ne s'agit pas de stages mais bien d'emplois au rabais, en contradiction avec la loi belge.

Enchaîner les stages, sans être payé (ou presque)

Pour espérer un emploi lié à l’Union européenne, Nuno Loureiro a enchaîné sept stages. Soit 3,5 ans sans paye, à une exception près, à Bruxelles. "C’était une période assez difficile. J’ai dû demander de l’aide financièrement à ma compagne, à mes parents."

Des milliers de jeunes diplômés travaillent ainsi gratuitement ou pour des salaires largement en dessous du minimum légal à Bruxelles, dans des associations et lobbys liés à l'Union Européenne, mais parfois aussi au sein même des institutions européennes.

Des stages synonymes d’exploitation, voire d’exclusion?

"Il y a à peu près 200 stagiaires pas payés dans la Commission européenne, précise Bryn Watkins, pour la campagne Just Pay. On a fait il y a quelques semaines un sondage auprès des stagiaires qui travaillent pour des députés européens : le tiers reçoit 600 euros ou moins par mois, et 1 sur 10 ne reçoit rien de rien, et parfois pour des stages de 6 mois…"

Et ne rien recevoir, c’est de l’exploitation, dit-il, mais aussi de l’exclusion. "Ça exclut ceux qui n’ont pas la chance de venir de familles riches. Ça empêche une vraie diversité dans ce petit monde européen qui a beaucoup d’influence, et je crois que c’est très important d’avoir une diversité ici, que ce soit le miroir de la diversité des sociétés européennes."

Selon la loi belge, une embauche après les études s’appelle un emploi et doit être rémunérée, répètent ces jeunes diplômés qui publient sur internet les noms de dizaines de structures concernées.

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