De futurs ouvriers du tram de Liège en formation au Centre Construform à Flémalle

Les stagiaires en formation au Centre Construform de Flémalle
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Les stagiaires en formation au Centre Construform de Flémalle - © RTBF - Martial Giot

Ouvrier de voirie: un métier qui figure sur la liste des 88 fonctions critiques en Wallonie. Pour les entreprises de voirie, recruter n'est donc pas toujours aisé.

Or, des ouvriers de voirie, il va en falloir notamment beaucoup pour le chantier du tram de Liège. Colas, l'entreprise chargée de ces travaux, s'est tournée vers le Forem et le Centre de compétence Construform pour bénéficier des premières formations "Coup de poing pénuries". Il s'agit d'une nouvelle possibilité de formations sur-mesure venue renforcer les mesures déjà mises en place pour lutter contre les pénuries.

Une formation spécifique de vingt semaines

La formation de 26 futurs ouvriers de voirie, attendus sur le chantier du tram de Liège en septembre prochain, est en cours au Centre Construform de Flémalle que dirige Daniel Châtelain: "Un "Coup de poing pénuries", c'est une réponse à une ou plusieurs entreprises pour minimum huit personnes. Sur base du référentiel de formation des poseurs routiers, on a mis en place une formation spécifique qui répond aux besoins de Colas, en fait. L'ensemble de la formation dure vingt semaines, dix en entreprise et dix en centre de formation. Il y a une grosse demande sur les métiers de "voiristes"."

Pierre Morrier, le directeur de l'agence de Crisnée de Colas, confirme qu'il n'est pas évident de trouver des ouvriers de voirie: "Soit on les débauche à la concurrence et on n'aime pas trop. C'est plutôt à nous de les former. Il n'y a pas besoin d'avoir un "pédigrée", en tous cas, ou un certificat de formation. La formation du Forem peut déjà y répondre et puis nous complétons cela par des formations sur nos chantiers. On cherche toujours des jeunes, des jeunes motivés, parfois des moins jeunes. On a besoin d'une main d’œuvre en permanence. A la période cruciale de la construction du tram, on aura besoin d'environ 160 personnes, temps pleins, pour la voirie."               

Être costaud, précis et sociable

Depuis le 15 avril, le premier groupe de futurs ouvriers du tram de Liège est en plein apprentissage. Jean-Louis Fernandez est leur formateur : "Pour le moment, ils sont en train de faire une pose d'éléments linéaires, des bordures, des filets d'eau. Ça, c'est le départ de la formation. Puis viendra aussi tout ce qui est revêtement et pavage. Ils doivent pouvoir aussi maîtriser des engins comme une mini-pelle ou un petit chargeur, par exemple."  

Quelles qualités faut-il avoir à la base ? "Il faut déjà être physiquement bien costaud quand même.", répond Jean-Louis Fernandez, "Il faut savoir aussi placer des éléments précisément. Tous les éléments qui sont mis en place, sont mis au millimètre... Il faut bien s'intégrer aussi dans les équipes. J'ai eu des boulangers, des pâtissiers, même des éducateurs."

Mais pour sa part, Jason Delière, un des stagiaires, était déjà dans la construction: "A la base, moi, j'ai mon diplôme de façadier. Puis j'ai travaillé quelques mois en pavage, donc j'ai déjà quelques bases. Mon patron a fait faillite, donc j'ai dû chercher ailleurs. Et ce qu'il apprend aujourd'hui lui plaît. "Vraiment énormément.", confie Jason Delière, "En plus travailler en plein air, ça fait toujours du bien."

Autre stagiaire, Giacomo Bracco a, lui, longtemps exercé un métier sans aucun rapport: la coiffure. "Retourner à l'école à 58 ans, je crois que c'était dur, mais c'est avec plaisir.", raconte-il, "Je me réjouis d'être sur chantier pour voir ce qu'on a appris ici et le mettre en pratique. En fin d'examens, on est sûr d'avoir un CDI, vous êtes tranquille vraiment dans votre tête."

La perspective de travailler sur le chantier du tram de Liège est-elle particulière aux yeux des stagiaires ? "Je serai fier de le dire un peu à tout le monde.", répond Jason Delière. Giacomo Braccio est encore plus emballé: "C'est le truc qui me motive à 200%. Ce sera mon dernier projet avant de prendre ma pension. Je pourrai dire peut-être à mes petits-enfants: "C'est moi qui ai mis les pierres à l'édifice."."      

       

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