"De fer et de verre": la Maison du Peuple de Victor Horta racontée par Nicole Malinconi

"De fer et de verre": la Maison du Peuple de Victor Horta racontée par Nicole Malinconi
"De fer et de verre": la Maison du Peuple de Victor Horta racontée par Nicole Malinconi - © Wikimedia - domaine public

L'histoire du patrimoine bruxellois est au cœur de "De Fer et de Verre", le dernier livre de l'auteure belge Nicole Malinconi. L'ouvrage met en scène la maison du Peuple imaginée à Bruxelles par Victor Horta à la fin du XIXe siècle. Le bâtiment a été inauguré le 2 avril 1899, en présence de Jean Jaurès, et démoli en 1965, malgré de nombreuses protestations nationales et internationales. Les lieux ont aussi été le théâtre de l’histoire de la Belgique et de l’utopie ouvrière.

Dans "De Fer et de Verre", l'héroïne n'est autre que la Maison du Peuple elle-même. Ce chef-d'œuvre de l'art nouveau n'existera finalement que pendant 65 ans. Il sera ensuite démoli, victime de la vague de modernisme des années 60.

>>> À lire également : photos avant-après : découvrez comment Bruxelles a changé au fil du temps

En 1899, Victor Horta voulait une maison du peuple où l'air et la lumière seraient le luxe si longtemps exclu des taudis ouvriers. Alors il crée pour eux un bâtiment lumineux, aéré, avec des balcons en fer forgé et une grande terrasse sur le toit. Soixante-cinq ans plus tard, le bâtiment est démoli sans beaucoup d'état d'âme.

Ils ont trouvé que ce bâtiment avaient fait son temps

Cette histoire a ému Nicole Malinconi. "C’est cette question de l’effacement d’un lieu qui m’a intéressé." Car les gestionnaires de la maison du peuple ne vont pas essayer de la défendre. "Non seulement, ils ne vont pas la défendre, mais c’est eux qui ont organisé la destruction : les coopératives socialistes propriétaires du bâtiment, le syndicat FGTB, le parti socialiste. Ils ont trouvé que ce bâtiment avaient fait son temps et que l’immeuble ne semble plus au goût du jour. Avec bien sûr l’alliance d’un promoteur immobilier (BLATON), c’est vraiment une intention délibérée de la part de ceux qui l’avaient fait bâtir."

Les ferronneries sauvées au moment de la destruction seront finalement abandonnées sur un terrain vague de Jette et vendues à des ferrailleurs. La maison du peuple, c'est aussi une histoire de trahison. "Je n’ai rien inventé, donc il me fallait quand-même me documenter. Et plus je me documentais, plus je trouvais de l’intérêt justement." Le résultat est un travail de mémoire, plein de maison hantée, d'amours déçues et de promesses non tenues.

"De fer et de verre", la Maison du Peuple de Victor Horta, par Nicole Malinconi, Les Impressions nouvelles, 166 pp., env. 16 euros

Avant/après: voici à quoi ressemble aujourd'hui la rue où se trouvait la maison du peuple

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK