Du caoutchouc naturel 100% belge bientôt produit chez nous?

Le laboratoire de chimie biologique industrielle de l'Université de Liège-Gembloux a lancé récemment une recherche sur des plantes qui produisent du caoutchouc. La principale source de caoutchouc naturel est actuellement l'hévéa, un arbre tropical produisant naturellement du latex, élément essentiel à la production du caoutchouc.
Cet arbre prend racine dans les forêts tropicales au Brésil, au Pérou ou encore en Colombie. Mais sa culture et son exploitation se sont répandus dans d’autres régions tropicales d’Afrique et d’Asie du sud-est.

Le problème est qu’à l’heure actuelle, les feuilles de l’hévéa sont attaquées par une maladie sud-américaine, le champignon Microcyclus ulei, qui sévit actuellement en Amérique latine et constitue une sérieuse menace pour les plantations africaines et asiatiques, et est un frein pour la production mondiale de caoutchouc naturel.

Les coûts de production se ressentent pour l’heure. Et c’est à cet effet que les chercheurs de Gembloux Agro Bio Tec s’intéressent à d’autres variétés de plantes produisant naturellement du latex. Leur recherche porte sur deux volets: identifier une source de caoutchouc naturel importante et identifier également une plante qui permettrait d’extraire facilement ce caoutchouc naturel, comme le confirme Aurore Richel, professeur de chimie biologique industrielle:

"On sait qu’il y a des dizaines de millier de plantes qui produisent du caoutchouc naturel. Ce que l’on voulait c’est isolé un échantillon représentatif de 50 plantes, qui pourraient être de bons candidats pour cette extraction de caoutchouc naturel. Des plantes qui seraient probablement adaptées à nos contraintes climatiques ou contraintes de la Région wallonne."

Des plantes cultivées en Belgique produisent du caoutchouc

En Belgique, certaines plantes produisent également ce latex nécessaire à la production de caoutchouc naturel comme la chicorée et les endives. Mais pour ces deux cas, le caoutchouc est logé dans les racines de la plante, ce qui rend l'extraction beaucoup plus difficile qu'avec l'hévéa. Il faudrait donc trouver un moyen économique et rentable de l'extraire, afin de ne pas augmenter les coûts.

Difficile de faire mieux que l'hévéa donc, qui regorge de caoutchouc et pour lequel une simple saignée suffit. Selon Aurore Richel, le caoutchouc produit chez nous serait sans doute trop cher pour l'industrie du pneumatique automobile:

"Nous pensons que les procédés d’extractions que nous allons mettre en œuvre sur ces nouvelles espèces végétales vont avoir un impact sur le coup et sur le prix final du caoutchouc naturel que nous allons pouvoir mettre en œuvre et mettre en circulation sur le marché. D’où notre intérêt de cibler des applications à plus haute valeur ajoutée, comme les pneumatiques pour l’aviation."

L'industrie du pneu s'intéresse également à une autre plante : le pissenlit de Russie. Il contient beaucoup de caoutchouc et pourrait être une alternative à l'hévéa. Mais comme son nom l'indique, il s'épanouit dans un climat plus rude qu’en Belgique.

D'où cette recherche de Gembloux Agro Bio tec pour trouver encore d'autres plantes qui peuvent produire du caoutchouc naturel.

Nicolas Franchomme, François Louis

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