Dans la caverne d'Ali Baba des archéologues namurois

Raphaël Vanmechelen : "nous avons retiré des dizaines de milliers de pièces des fouilles du Grognon; nous sommes en train de terminer l'inventaire."
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Raphaël Vanmechelen : "nous avons retiré des dizaines de milliers de pièces des fouilles du Grognon; nous sommes en train de terminer l'inventaire." - © RTBF- Flou

Derrière un banal volet en acier, des centaines de caisses en plastique… C’est là, dans un zoning industriel, que les archéologues ont enfermé le trésor des fouilles du Grognon. "Nous n’avons pas compté les pièces, sourit Raphaël Vanmechelen, directeur scientifique (Agence wallonne du patrimoine), mais il y en a plusieurs dizaines de milliers." Des ossements, des outils, des sculptures, des céramiques… méticuleusement retirés du sol durant la fouille du site, qui a duré un an et demi. Un gigantesque puzzle racontant 10.000 d’histoire namuroise.

Certains objets nous parviennent presque intacts, comme cette carafe en terre cuite du 14e siècle, à peine ébréchée. "C'est un type de pichet assez courant pour l'époque, avec un col bombé, pour servir de l'eau ou peut-être du vin, explique Amandine Pierlot. La forme et la pâte utilisée nous renseignent sur l'origine de l'objet, fabriqué à Andenne."

D'une autre caisse, étiquetée "organique", les archéologues namurois sortent une semelle en cuir, de forme assez pointue. "C'est ce qu'on appelle une chaussure à la "poulaine", un modèle très en vogue au 14e et 15e siècle, explique Raphaël Vanmechelen."

Toutes les pièces ne sont pas aussi parlantes. Et le travail d'inventaire auquel s'astreignent les archéologues est titanesque. Imaginez plutôt : 400 caisses de céramiques, 200 kilos d'ossements animaux, 25 caisses d'objets en métal, 25 caisses d'objets en verre, à peu près autant pour les objets en bois et en cuir...

Toutes les pièces sont sorties des caisses, une à une, pour être décrites dans une fiche informatique. "C'est assez fastidieux, raconte Muriel Van Buylaere, mais on a parfois de belles surprises. Pendant l'inventaire des pièces en métal, je suis par exemple tombée sur une petite statue romaine en bronze, représentant un dieu, qui avait échappé à notre attention au moment de la fouille."

Dans quelques mois, les archéologues du Grognon publieront un article scientifique pour communiquer les résultats de cette fouille exceptionnelle à leurs collègues du monde entier. Et pour le grand public, les plus belles pièces seront exposées au Musée archéologique de Namur.

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