Crise oblige, le projet du canal Seine-Nord Europe perd de son ampleur

Le canal Seine-Nord Europe devrait relier le bassin de la Seine à celui de l’Escaut.
Le canal Seine-Nord Europe devrait relier le bassin de la Seine à celui de l’Escaut. - © RTBF

Lors d’une conférence donnée la semaine dernière par le PACO, le Port autonome du Centre et de l’Ouest, on a appris que le projet d’envergure autour du canal Seine-Nord Europe a du plomb dans l’aile. Non pas qu’il soit totalement supprimé mais en tous les cas, certainement revu à la baisse. Une question de gros sous à trouver, ou à garder dans l’attente de jours meilleurs.

 

Que transportent les péniches sur nos canaux? Le Port autonome du Centre et de l'Ouest, le PACO, vient de tirer un bilan pour 2012. Un bulletin qui souligne les bonnes performances du canal du Centre. Les tonnages de marchandises y ont augmenté de 14%. En revanche, sur le canal Charleroi-Bruxelles, c'est la chute : moins 70%. Une conséquence directe des fermetures d’entreprises dans la région.

Par contre, sur le dossier du canal Seine-Nord Europe (la création d’un peu plus de 100 km de canal permettant d’accueillir les toutes grosses péniches, reliant le bassin de la Seine et celui de l'Escaut), on coince nettement plus. Autour de la table (lors de la dernière mise au point, il y a une dizaine de jours), on trouvait des Français, des Belges, des spécialistes de la logistique, des maires des bourgmestres, des ministres... Dans un premier temps, l'optimisme était de rigueur jusqu’à ce qu’un ministre français ne prenne la parole. En substance, celui-ci a déclaré que les caisses étaient vides. Bye bye les rêves de grandeur !

L'intervention a jeté un froid, mais personne ne veut croire à l'abandon complet du projet. Seulement, cela risque d'être un canal à moindre cout. Si possible 2 milliards moins cher que prévu.

Pour y parvenir, il est question de supprimer les fioritures, certains ouvrages d'art et de diminuer les performances du canal. Prévoir des écluses moins innovantes, par exemple. Le passage y serait donc un peu moins rapide.

A l'heure qu'il est, le flou est toujours de mise. Mais une chose semble certaine : la date butoir de 2017 ne sera pas tenue. Impossible, pas avant 2020, disent les spécialistes. Ce qui laisse entre parenthèses un peu de temps à la Région wallonne pour trouver des budgets.

Rappelons que pas mal de travaux seront nécessaires, en Hainaut notamment. On pense entre autres au Pont des Trous, à Tournai. L’emblème de la Cité des 5 clochers est en sursis. Mais beaucoup d’eau risque encore de couler sous ses arches, avant que les travaux du canal Seine-Nord Europe ne débutent enfin.

Charlotte Legrand

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