Crise du coronavirus : les communes font leurs comptes, et ça fait souvent mal

Le ciel s'assombrit-il sur les finances des communes?
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Le ciel s'assombrit-il sur les finances des communes? - © S. Vandreck

"Les calculs ne sont pas encore parfaits, mais c’est clair que nous aurons des pertes qui seront lourdes et des frais liés à cette crise qui seront significatifs". Le bourgmestre de Braine-l’Alleud, Vincent Scourneau, n’a pas longtemps tourné autour du pot : il a inscrit une modification budgétaire de pas moins d’un million et demi d’euros à l’ordre du jour du prochain conseil communal. L’achat de masques pour la population et le personnel représente à lui seul une dépense de 130.000 euros. Mais la commune a aussi dû réaliser des aménagements pour sécuriser les bureaux de l’administration communale, engager des renforts de personnel pour la maison de repos du CPAS, soutenir de différentes manières son économie locale… Tout cela représente d’énormes efforts financiers pour la commune la plus peuplée de la province. Mais quand il sort sa calculette, le bourgmestre constate aussi de nombreuses rentrées qui n’ont pas été perçues par la commune au cours des trois derniers mois. La taxe mensuelle sur les salles de cinéma représente à elle seule un manque à gagner de 150.000 euros. "Nous avons aussi fait un effort vis-à-vis des commerçants qui sont liés par un bail avec l’administration communale en suspendant leurs loyers", complète Vincent Scourneau. Bien sûr, la commune a fait quelques économies, grâce à l’annulation des festivités pendant le confinement, mais elles ne pèsent pas bien lourd dans la balance.

Un effet retard inévitable

L’ardoise risque bien d’ailleurs d’encore s’alourdir pour les communes dans les prochains mois, voire les prochaines années. La commune rurale de Chastre ne compte pas de grosses entreprises qui lui paient des taxes et n’a pas de maison de repos publique. Mais son bourgmestre, Thierry Champagne, sait déjà que certains habitants ont perdu des revenus à cause de cette crise. Et que, comme dans toutes les communes, cela aura des répercussions sur le budget. "L’impôt sur les personnes physiques est l’une des principales sources de revenus de la commune, rappelle-t-il. Or on se rend bien compte que les gens vont globalement moins bien gagner leur vie cette année. On risque donc d’avoir une chute au niveau de nos recettes. Si on l’estime ne fut-ce qu’à dix pourcents, nous nous retrouverons vite avec 350.000 euros de moins". Sans parler des recours à l’aide du CPAS. Le bourgmestre confie avoir plus peur pour la constitution du budget de 2021.

Appel à la Région

L’Union des villes et communes de Wallonie observe de près la situation. Les communes risquent-elles de se sentir étranglées financièrement dès l’année prochaine et ne plus pouvoir s’engager dans des investissements ? Le président de l’UVCW, Maxime Daye, se veut rassurant : "Notre idée est de ne pas freiner notre capacité d’investissement, à la seule et unique condition que la Wallonie notamment puisse nous en donner les moyens, via des subventions, pour pouvoir réaliser les programmes d’investissements locaux, notamment en termes de développement durable". Pour le président de l’UCVW, la situation est problématique, mais pas encore catastrophique. La Région n’est pas la seule porte à laquelle les communes pourraient frapper pour obtenir de l’aide : "Nous serons aux côtés des communes pour négocier avec la Région, mais aussi le Fédéral, et pourquoi pas l’Union européenne", annonce Maxime Daye.

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