Crime homophobe: les parties civiles insistent sur la préméditation

Le palais de justice de Liège.
Le palais de justice de Liège. - © RTBF

Au procès de Raphaël Wargnies, place ce jeudi matin aux plaidoiries des parties civiles. L’alcool n’excuse rien. Au contraire, diront les conseils de la victime, l’accusé n’en a pas perdu ses moyens. Il a bien agi par ruse. Pour rappel, Raphaël Wargnies est jugé depuis ce lundi matin devant les Assises de Liège pour un assassinat à caractère homophobe. Une première en Belgique.

Raphaël Wargnies ne dit pas qu’il n’est pas homosexuel, il revient et fait mine d’accepter les avances de la victime pour mieux l’agresser. Il a agi avec préméditation, affirme les avocats de la victime.

Il était déjà venu quelques jours plus tôt avec un marteau à liège pour "casser du pd". C’est un ami qui l’en avait alors dissuadé.

Tant la famille que les associations contre les discriminations ont mis l’accent sur le piège, le traquenard dans lequel la victime est tombée le 25 juillet 2012. Le Centre pour l’Égalité des Chances et l’association Arc-en-ciel ont tenu à rappeler ce pourquoi avait été créée cette circonstance aggravante d’homophobie : "parce que les crimes de haine n’ont pas leur place dans notre société, parce qu’ils touchent la victime mais aussi tout le groupe auquel elle appartient, parce que nous avons connu des crimes de haine dans notre histoire proche et qu’il faut éviter que cela se reproduise".

Jeudi après-midi, l'avocat général Marianne Lejeune a requis devant la cour d'assises de Liège une culpabilité d'assassinat, avec la circonstance aggravante d'homophobie. Elle a comparé la stratégie d'attaque de Raphaël Wargnies à celle d'un mammifère qui attaquait une proie.

Après les plaidoiries des parties civiles et le réquisitoire de l'avocat général, la défense a alors pris la parole. Me Marie-France Roumans a présenté le souhait formulé par Raphaël Wargnies. Elle a précisé que Raphaël Wargnies a rendu la parole à ses avocats mais qu'il leur a confié le mandat de ne pas plaider le fond du dossier. Après cinq minutes d'intervention pour expliquer cette position, l'avocate s'est assise en certifiant aux jurés qu'ils peuvent aller délibérer sur la cause. La défense n'a donc pas "plaidé", même si elle a donné quelques explications sur son rôle dans ce procès.

A l'issue de cette intervention, le président Dominique Gérard s'est adressé à Raphaël Wargnies. "La loi m'impose de vous poser la question. Souhaitez-vous ajouter quelque chose pour votre défense?", a-t-il dit. Raphaël Wargnies a refusé de s'exprimer.

Les différentes parties n'ont pas répliqué. Le président a clôturé les débats et a procédé à la lecture des différentes questions. Le jury doit répondre à cinq questions portant sur l'homicide volontaire, la préméditation, la circonstance aggravante d'homophobie et deux ports d'arme.

Le président Dominique Gérard a donné ensuite aux jurés les explications nécessaires peu avant 15h00 avant d'envoyer les jurés en délibération. L'arrêt motivé sur le verdict du jury est attendu en fin d'après-midi. Les débats éventuels sur la peine pourraient se dérouler dans la foulée.

Françoise Dubois

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