Crime homophobe à Liège: l'auteur présumé connu pour faits de violence

C'est ici, dans le Parc d'Avroy à Liège, que le meurtre a été commis.
C'est ici, dans le Parc d'Avroy à Liège, que le meurtre a été commis. - © RTBF

On en sait un peu plus sur le passé judiciaire de Raphaël Wargnies, ce Malmédien de 34 ans arrêté pour le meurtre d'un homme dans le parc d'Avroy à Liège. Interpellé par la police, cet individu a déclaré s'être rendu à plusieurs reprises à cet endroit pour s'en prendre à des homosexuels. L'homme dit avoir voulu agir par vengeance parce qu'il aurait été violé l'été dernier. Qu'en est-il vraiment et quel est le pédigree de l'intéressé?

En 2007 déjà, Raphaël Wargnies s'illustre dans des actes de violence, comme l'explique Alain Bonnivert, substitut du Procureur du Roi: "En 2007, nous avons ouvert deux dossiers à sa charge, deux dossiers à l'occasion desquels alors qu'il avait bu plus que de raison, il a menacé certaines personnes, et à l'intervention des policiers, il s'est rebellé. Nous avons donc ouvert ces dossiers, et à la suite de ses déclarations dans lesquelles il disait ne pas se souvenir de grand chose, mon office a estimé devoir classer ces dossiers sans suite".

L'intéressé qui semble connaître des problèmes d'alcool sera également poursuivi et condamné pour conduite en état d’ivresse. Il écopera d'une déchéance du permis de conduire et de 46 heures de travail d'intérêt général avec obligation de passer examen médical et psychologique. Quelque temps plus tard, il se présente au Palais de Justice de Verviers et démolit la porte de la conciergerie à coups de hache: "Il venait en réalité rechercher, disait-il, son permis de conduire" poursuit le substitut. "Mais il n'avait jamais pu le récupérer car il n'a jamais réussi les examens, médical et psychologique, auxquels il a été soumis".

Un rapide coup d’œil aux antécédents de Raphaël Wargnies révèle un parcours chaotique teinté de violence, parcours que personne n'a visiblement pu stopper avant qu'il ne commette l'irréparable.

"L'auteur regrette son geste" déclare son avocate

Comme le prévoit la loi Salduz, dès les premières heures, Raphaël Wargnies a bénéficié de l'assistance d'un avocat, en l'occurrence Maître Marie-France Roumans. Celle-ci explique dans quel état d'esprit se trouvait son client après les faits qui lui sont reprochés: "Il commençait à réaliser très concrètement ce qu'il avait fait. Il a émis beaucoup de regrets et il a pleinement collaboré au début de cette enquête puisqu'il a fait de très longues déclarations, très circonstanciées en donnant beaucoup de détails. Il a déclaré très spontanément et très rapidement qu'il voulait se venger de l'agression sexuelle qu'il avait subie et que, ayant été l'objet de propositions qu'il a trouvées très agressives et très indécentes à son égard, il a finalement pété les plombs. Ce qui a suscité cette réaction chez lui".

Mais aucune plainte n'ayant été déposée pour ce viol dont il dit avoir été victime, la Justice, rappelons-le, n'a pu objectiver les faits.

Mercredi, la juge d'instruction a placé Raphaël Wargnies sous mandat d'arrêt du chef d'assassinat avec la circonstance que les faits ont été commis sur une personne homosexuelle.

 

P. Scheffers

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK