Crash de Gelbressée: une acrobatie à l'origine de l'accident

Le parquet dispose des conclusions sur les causes de l'accident.
3 images
Le parquet dispose des conclusions sur les causes de l'accident. - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Le Parquet de Namur a communiqué les conclusions de l'enquête sur les causes de l'accident d'avion de Gelbressée qui a fait 11 morts le 19 octobre dernier : un tonneau réalisé par le pilote serait à l'origine de l'accident. L'acrobatie aurait entrainé la rupture de l'aile gauche du Pilatus.

Un faisceau de données a permis aux enquêteurs de reconstituer la trajectoire du Pilatus PC-6 avant qu'il s'écrase au sol, avec ses onze occupants : les données radar, les variations de pression enregistrées dans les parachutes de secours, les témoignages et les débris de l'avion retrouvés au sol.

"L'hypothèse la plus probable est une rupture de l'aile de l'avion survenue dans un contexte d'acrobatie, a affirmé Luc Blendeman, le chef de l'enquête (SPF Mobilité Transport). Dix minutes après le décollage, à environ 5000 pieds d'altitude, le Pilatus a exécuté une voltige appelée "tonneau barriqué" (ndlr : un "tonneau barriqué" est une figure en tire-bouchon). Cette acrobatie a imposé une contrainte anormale aux structures de l'avion, qui a entraîné la rupture de l'aile gauche et la perte de contrôle totale de l'appareil." Les enquêteurs ont calculé qu'il s'est écoulé 22 secondes entre le début de la manoeuvre et l'impact au sol.

Selon le Procureur du roi, Philippe Dulieu, "ce n'était manifestement pas la première fois que le pilote exécutait ce type d'acrobaties".

Les enquêteurs excluent d'autres causes comme la corrosion ou une fatigue des structures de l'avion suite à un défaut d'entretien. "C'est le dernier vol qui a causé l'accident", affirme Luc Blendeman.

Les conclusions de l'enquête avaient été présentées un peu plus tôt dans l'après-midi aux familles des victimes. Selon le Parquet de Namur, la responsabilité du pilote serait donc engagée dans le drame de Gelbressée. Le volet pénal du dossier pourrait dès lors s'éteindre prochainement en raison du décès du pilote. Toutefois, les familles peuvent encore contester les conclusions de cette enquête. Quant au volet civil de l'affaire, il est loin d'être clos.

François Louis

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK