Crash de Gelbressée: jusqu'à 75 000 euros d'indemnité pour les familles

La proposition de l'assureur peut être un dilemme pour les familles des victimes du crash.
La proposition de l'assureur peut être un dilemme pour les familles des victimes du crash. - © Belga Image

Alors que la justice poursuit son enquête sur les causes de l'accident du 19 octobre 2013, la compagnie Aviabel qui assurait le pilote, le Paraclub de Namur et le propriétaire de l'avion, est en pourparlers avec les familles des victimes depuis presque six mois. Elle leur a proposé une indemnité pour le préjudice subi. Le crash du Pilatus avait coûté la vie à dix parachutistes et au pilote du Pilatus.

De 5 000 à 75 000 euros, voilà ce que l’assureur a proposé aux familles des victimes de ce terrible crash. Pour faire ses calculs, la compagnie Aviabel s’est basée sur les pratiques en vigueur dans les cours et tribunaux. Il existe un tableau de référence qui attribue une somme forfaitaire pour chaque type de dommage lorsqu'un accident survient. Les sommes varient néanmoins car la composition des familles a été prise en compte. Une jeune fille majeure qui a perdu sa mère s’est vue proposer 5 000 euros, tandis qu'une mère de famille qui se retrouve seule avec deux enfants a reçu une proposition d’indemnité de 75 000 euros. "Il y a bien sûr le préjudice moral, il y a aussi parfois une compensation pour le préjudice économique, autrement dit la perte de revenus dans un ménage suite au décès d’un de ses membres", explique Marc Godfroid, l'avocat d'Aviabel.

Jusqu'à présent, quatre familles ont accepté la transaction proposée par la compagnie. Elles renoncent du même coup à toute poursuite ultérieure contre l'assureur.

Attendre pour tenter d'obtenir plus?

Les familles qui n'ont pas encore donné suite ne sont évidemment pas obligées d'accepter. Elles peuvent attendre que la vérité judiciaire soit dite, avant de se retourner vers le responsable de l'accident pour tenter d'obtenir plus que ce qui leur est proposé aujourd'hui. Mais cela peut prendre des années, et surtout c'est sans garantie. "Elles pourraient peut-être avoir plus, mais elles pourraient aussi ne rien avoir, poursuit l'avocat Marc Godfroid. C'est la raison pour laquelle la compagnie Aviabel a pris l'initiative de proposer quelque chose que nous croyons être raisonnable. Nous espérons que les familles des victimes l'accepteront".

Si la justice conclut par exemple que l'accident est dû à un problème de structure de l'appareil, l'indemnité que les familles pourraient réclamer sera peut-être plus importante que les sommes dont il est question aujourd'hui. Mais si le pilote est finalement considéré comme l'unique responsable du crash, parce qu'il a effectué volontairement une manœuvre acrobatique, la compagnie ne paiera sans doute rien du tout. C'est un dilemme que chaque famille devra trancher en âme et conscience.

Hugues Van Peel

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